Après Liège et Mawda: Justice, migration, identité dans la campagne

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

 

Que n’aurait-on entendu la N-VA exiger des démissions, élever le ton, éructer si le parti nationaliste avait été dans l’opposition lors d’événements similaires à l’attentat de Liège ! Avec un détenu libéré par des autorités administratives wallonnes qui plus est…

Un constat récurrent

Pourtant, le constat est patent : le système judiciaire belge au sens large est malade et l’action gouvernementale actuelle est très loin d’en être le seul responsable. En dénonçant les prisons-parkings, Elio Di Rupo se tire un peu une balle dans le pied.

En 1994, il était déjà vice-premier ministre et les prisons belges connaissaient déjà les mêmes problèmes. L’affaire Dutroux (1996) avait également soulevé bon nombre d’interrogations sur les congés pénitentiaires. La Belgique demeure une habituée de longue date des rapports annuels de l’Observatoire International des Prisons : surpopulation, conditions de détention déplorables, mauvaises prises en charge des détenus, manque de personnel, etc. Le même constat revient chaque année.

La N-VA souffle sur les braises du problème

Dans ces conditions, les prisons belges deviennent des foyers de radicalisation pour des détenus de droit commun qui n’y voient qu’une échappatoire. Koen Geens a bien essayé de lutter contre la surpopulation carcérale mais a été contré par la N-VA sur le dossier.

Les nationalistes ont rapidement lié ce dossier au problème des musulmans radicalisés. Bart De Wever lie régulièrement immigration et délinquance au point de souhaiter la création d’une prison belge au Maroc !

Dans la perspective des prochains scrutins, la N-VA a décidé d’exploiter au maximum le filon identitaire, puisque l’indépendance flamande comme étendard électoral a montré ses limites.

C’est comme en 2014, " eux " contre " nous ", ce n’est plus les Wallons contre les Flamands mais les migrants face aux bons Flamands, mais également le modèle PS face à celui de la N-VA.

Bart De Wever en arrive à rendre responsable les socialistes francophones de décisions (régularisations, naturalisations, etc.) avalisées notamment par ses alliés libéraux sous les gouvernements Verhofstadt ou de dénoncer la politique migratoire du gouvernement gérée par … Maggie De Block !

Peu importe. Il sera toujours temps de trouver des alliés après le scrutin. C’est toujours plus facile après une victoire, peu en importe le prix idéologique.

@PhWalkowiak