Alep, rue de la Loi

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Alep n’en finit pas de mourir, les derniers civils ou médecins sont menacés, des exécutions sommaires ont lieu et la Belgique mégotte pour UN visa familial. Dans la majorité fédérale, on pousse l’indécence jusqu’à présenter l’attribution de ce visa comme un " appel d’air " pour tous les candidats à un abri, loin des bombes.

Le secrétaire-général de l’ONU s’inquiète des atrocités commises à Alep et le gouvernement Michel-Francken s’inquiète pour UN visa familial !!

Cynisme

La délivrance de ce visa est devenue une question de principe bien plus qu’un problème humanitaire ou juridique. Ainsi en a décidé la N-VA. Pour garantir la stabilité du gouvernement de son chef de file, le MR ne peut qu’embrayer, quitte à tordre la réalité. Il est faux de laisser croire que la délivrance de ce visa créera un " appel d’air ". Toutes les familles de réfugiés ne sont pas sous les bombes d’Alep, veulent venir en Belgique légalement et disposent d’une famille d’accueil prête à les prendre intégralement en charge… comme certaines communautés religieuses l’ont déjà fait en Belgique avec des familles chrétiennes syriennes.

De plus, la politique menée et incarnée par Theo Francken a été négociée et déterminée par les quatre partis de la coalition. Au-delà des outrances du personnage, il y a une convergence de fond sur la problématique et la " Belgique MR-N-VA " décriée par beaucoup dans ce domaine s’est toujours montrée plus proactive et plus humaniste que la France socialiste.

De là, à ce que la cohésion gouvernementale vaille la vie d’une famille de candidats-réfugiés…

N-VA, sûre de son fait

Les nationalistes semblent donc avoir décidé de faire du sort de cette famille le symbole de sa fermeté.

Tout d’abord, en s'en prenant aux juges, francophones : la N-VA tout en étant au pouvoir partout, tient à rappeler qu’elle est un parti anti-establishment, " à la Geert Wilders " a-t-on entendu à l’Open VLD.

Les nationalistes voient toujours une partie de leur électorat filer au Vlaams Belang.

La N-VA entend plus généralement marquer sa différence dans la coalition fédérale, contre le CD&V sur la taxe sur les plus-values, contre le MR en dénonçant les lenteurs de Bellot et Bacquelaine dans leurs dossiers respectifs.

La N-VA rappelle aussi quelle est sa ligne en matière d’immigration. Dure. Pas de sentiments.

Au point que certains en Flandre aussi, commencent à y voir une entrée en campagne électorale et d’évoquer la chute prochaine du gouvernement Michel.

@PhWalkowiak

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