Aiguillon citoyen

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Nos systèmes institutionnels sont ainsi faits : à terme régulier, le citoyen choisit ses représentants à qui il confie la gestion de la " Cité " (= commune, province, région, communauté, état fédéral, parlement européen). Mais il arrive que ces représentants ne sachent plus quelle direction prendre et qu’ils attendent de savoir ce qu’en pense le citoyen pour commencer à bouger.

Le populisme jamais très loin

L’ambition d’un parti politique est de recueillir le plus de voix possible et pour cela, la tentation est souvent très grande de servir en priorité à l’électeur-citoyen ce que celui-ci a envie d’entendre plutôt d’oser les choix difficiles. L’accès au pouvoir est ainsi fait.

Les dossiers " migration " sont réputés très sensibles et l’opinion publique généralement plutôt encline à la fermeté. Maggie De Block a bâti sa popularité là-dessus (sans que ce ne soit favorable à son parti d’ailleurs) et la N-VA a siphonné une large part de l’électorat du Vlaams Belang en maintenant un discours intransigeant sur la question.

Que ce soit lors des naufrages de bateaux en Méditerranée ou lors de l’arrivée des premiers candidats-réfugiés, les partis politiques, majorité comme opposition, sont généralement restés circonspects. La langueur de l’été ou la peur de prendre à rebrousse-poil ce que l’on pense être l’opinion du citoyen ?

Mobilisation

Devant une situation dont l’ampleur ne faisait que croître, l’expression politique est restée très mesurée, à l’exception notable de la N-VA (repris mezzo voce par l’Open VLD) qui entend limiter l’aide aux réfugiés : bed, bad en brood !! Fermeté toujours, quitte à bafouer les accords internationaux.

Le président de la N-VA s’est retrouvé assez isolé, mais il affectionne cette posture du seul contre tous. Le MR a avancé prudemment, Olivier Chastel jouant une carte plus " humaniste " que son Premier Ministre, qui a privilégié l’équilibre gouvernemental.

Il aura surtout fallu que l’opinion publique (encore elle !) vienne en aide publiquement aux migrants, se mobilise pour que les politiques sortent de leur torpeur. Charles Michel a enfin osé un discours humanitaire, mais seulement devant ses militants (finie la polémique sur un Premier Ministre prenant la parole à un congrès de son parti que le MR avait notamment entretenue avec Elio Di Rupo ?).

La question des migrants rendrait-elle les politiques bien plus frileux que (certains de) leurs électeurs ?

La Chambre se réunit jeudi. Le politique s’ébroue lentement.

 

@PhWalkowiak

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK