Afsca: le fusible commode

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

L’AFSCA responsable de tous les maux ? Victime de sa propre incurie ? La belle histoire…

Un audit, une restructuration voire peut-être l’une ou l’autre démission et zou… on passera à autre chose !

Fuite de la responsabilité

L’affaire Dutroux comme la crise de la dioxine auront durablement marqué la classe politique. Des ministres ont démissionné et les institutions ont été remises en cause. Mais surtout, le politique a désormais disposé une série de pare-feu à la fois pour garantir une certaine objectivité de traitement mais aussi éviter d’endosser la responsabilité finale.

Ainsi, ce n’est plus le politique qui se prononce pour une libération anticipée, une nomination de magistrats ou un contrôle sanitaire. Des institutions s’en chargent.

Il en va de même pour l’Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire mise en place en 2000 par le gouvernement arc-en-ciel de Guy Verhofstadt. Il s’agissait alors de rassurer le citoyen et de se démarquer des grands groupes agro-alimentaires (généralement flamands).

Mais discrètement en décembre 2007, après l’échec de l’Orange Bleue, l’Afsca ne dépendait plus de la Santé Publique, passait sous la tutelle de la ministre de l’Agriculture… Sabine Laruelle, elle-même ex-directrice générale de la Fédération Wallonne de l’Agriculture ! Les contrôleurs dépendaient désormais du même ministère que les contrôlés

Mélange des genres

En 18 ans d’existence, l’Afsca se sera faite plus connaître pour les fermetures de petites boucheries artisanales, la traque de la tarte au riz ou la destruction au détergent de tartes artisanales de fête de village que pour avoir inquiété les grands groupes agro-alimentaires.

Le ministre wallon de l’Agriculture, René Collin rappelle qu’effectivement la logique de fonctionnement de l’Afsca favorise bien plus les grosses structures (flamandes) que les petites structures wallonnes.

Par contre, Veviba a-t-il dupé les autorités publiques wallonnes ? Les installations de Bastogne sont publiques et le groupe Verbist en a la concession. Une procédure judiciaire est en cours depuis 2016, et l’Afsca ne s’est inquiétée de rien.

Les autorités wallonnes n’ont-elles pas trop facilement déroulé le tapis rouge au groupe Verbist, il est vrai créateur des centaines d’emploi dans la région de Bastogne ?

Entre fédéral et région, et donc entre… MR et cdH, on se renvoie la balle. Avec l’AFSCA comme bouc émissaire commun.

Le MR a la tutelle sur l’agence depuis 11 ans et le cdH détient le portefeuille de l’agriculture wallonne depuis 14 ans !

Mais finalement, non content d’avoir externalisé la responsabilité du contrôle, le monde politique a surtout externalisé sa propre responsabilité.

 

@PhWalkowiak

Crise alimentaire : va-t-on vers la fin de l'AFSCA ? au JT du 12/03

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