A Bruxelles, c'est encore râteau pour le MR

A Bruxelles, c'est encore rateau pour le MR
A Bruxelles, c'est encore rateau pour le MR - © Tous droits réservés

Il faudra un jour de plus que prévu pour que les Bruxellois aient leur gouvernement. Il paraît que c’est la faute du MR. Il parait car toute cette affaire n’est pas très claire il faut bien le dire. Est-ce que le Vld a vraiment tiré le frein à main pour que le MR puisse entrer par effraction dans la voiture bruxelloise ? Il y a anguille sous roche. Mais, pour le dire pudiquement, plusieurs thèses circulent.

Mais, au fond, qu’est-ce qu’un jour de plus ou de moins ? Dans la mélasse actuelle, ça n’a strictement aucune importance. D’autant plus les 6 partis ont redit ensemble dans un communiqué leur volonté d’arriver à installer un gouvernement d’ici au 21 juillet.

Sauf que ce contretemps de dernière minute fait remonter à la surface la demande du MR d’être associé à l’aventure bruxelloise. Elle date de la semaine passée, lors des premiers attouchements entre MR-PS et Ecolo en Wallonie. Et oui la demande a bien été relayée et balayée en particulier par Ecolo à Bruxelles.

Le MR espérait-il vraiment monter dans une équipe qui a déjà bouclé un accord ?

Difficile de dire s’il l’espérait vraiment ou si c’est une nouvelle fois "la stratégie du Jean-Claude Dusse" : "sur un malentendu, on ne sait jamais". C’est la grande tendance de cet été. Il n’y a pas de raison que seul Ecolo et le PS l’utilisent avec le PTB ou le coquelicot. Mais pourquoi le MR formule-t-il cette demande alors que la couleur de la nappe de la conférence de presse de présentation de l’accord a déjà été choisie ? Et pourquoi le Vld se sent-il tenu de la relayer ?

Premièrement, même si ce marchandage est peu élégant, il est assez logique. Tous les partis préfèrent être partout ou nulle part au pouvoir. C’est une des leçons de l’aventure suédoise. Avoir le cul entre deux chaises n’est pas confortable. Dans notre fédéralisme non abouti, il vaut mieux être dans l’opposition partout ou au pouvoir partout. Ecolo et le PS trouvent logique d’être au pouvoir en Wallonie, à Bruxelles et en Fédération, peut-être au fédéral. C’est logique que le MR formule la même demande.

Pour la deuxième raison, il faut regarder un peu dans le rétroviseur.

Le cas "Open Vld"

Oui plus d’une fois, mais c’est souvent c’est assez discret. Parfois moins. Comme en 2014. Souvenez-vous, la N-VA et le CD&V s’entendent à deux pour former un gouvernement flamand, les textes sont prêts. En même temps, la Suédoise se met en place. A l’époque, on parlait encore de "kamikaze". Pour qu’elle soit possible, le Vld est indispensable.

Coup de théâtre, le 21 juillet, après un mois de palabres à deux. Le Vld, soutenu par le MR, obtient de faire partie du gouvernement flamand. Quatre jours plus tard, Annemie Turtelboom prête serment comme Vice-Première, en ayant à peine modifié l’accord. C’est expéditif. Signez ici, vous êtes ministre !

C’est donc tout à fait possible. Le MR, qui est indispensable en Wallonie depuis le retrait du cdH, est en mesure d’exiger un ministre à Bruxelles. Mais le message libéral n’est pas celui-là, il n’est pas “partout ou nulle part”. Et en plus les négociations n’ont pas encore commencé en Wallonie, difficile dans ces conditions de faire levier. Sauf rebondissement, cette tentative de non demande en mariage tardif restera un râteau sans lendemain.

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