2021, ça balance de gauche à droite

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

En politique, on laisse très souvent 100 jours à un nouveau gouvernement pour apprécier son action politique. Le gouvernement De Croo-Dermagne vient de passer ce cap. Cette installation intervenait après 650 jours sans véritable et en pleine crise sanitaire. Difficile d’apprécier l’action d’un gouvernement dont l’essentiel de l’énergie est absorbé par la lutte contre le coronavirus. En 2021, le succès de la vaccination (ou pas) constituera pratiquement le seul baromètre d’évaluation de l’action gouvernementale. Des six gouvernements même.

Droite

100 jours et début de nouvelle année procurent toutefois aux partis l’occasion de se profiler, de vouloir baliser 2021.

Omniprésent, se dispersant sur nombre de sujets, le président du MR entend marquer cette année du sceau des 175 ans du parti libéral (même s’il ne porte plus ce nom). Pas toujours facile notamment quand son parti participe au pouvoir fédéral depuis 22 ans et que sur cette période la famille libérale a occupé le poste de chef de gouvernement 17 ans. Se réinventer sans se renier.

Constat : tous les partis constitutifs de la démocratie libérale (en clair, les partis traditionnels, historiques) ont connu, lors du dernier scrutin, un net recul au profit des extrêmes, qu’il convient dès lors de mettre dans le même sac. Le populisme devient le principal ennemi. La N-VA y est parfois associée. Elle paraît loin l’époque où les libéraux francophones se battaient pour inviter Theo Francken chez eux. Cette page veut être tournée. Pour l’Open VLD, l’adversaire premier redevient le Belang et la N-VA (qui lui rend bien) et pour le MR, le PTB dangereux quand il assimile parfois les entrepreneurs à des criminels (La Libre, 09/01). MR-PTB, nouvelle opposition structurante côté francophone où chacun peut se nourrir à peu de frais des attaques de l’autre ? Comme jadis PS-N-VA…

Gauche

Le PS présente également le PTB, comme le principal adversaire. Au plus bas électoralement, avec des sondages grisâtres, les socialistes tentent de reprendre pied. Après avoir tenté d’embarquer l’extrême-gauche en Wallonie, le PS, Paul Magnette dresse un constat : "Le PTB, c’est 40 ans d’inexistence politique. Il n’a jamais rien apporté à personne" (L’Echo, 09/01). Et de tenter d’incarner une gauche qui agit et qui obtient des avancées. C’est le pari de 2024, là aussi.

Si le "problème" du PS en Wallonie, c’est le PTB, à Bruxelles, ce serait plutôt Ecolo. On l'a peu vu, mais lors des dernières législatives, les Verts sont devenus la première force politique de Bruxelles, ce qui succédait aux succès des écologistes lors des élections communales de 2018 (souvent là au détriment du MR).

Les sociologies divergent de plus entre région bruxelloise et Wallonie. Cela oblige notamment le PS à entretenir une certaine ambiguïté, notamment sur les signes convictionnels ou la mobilité.

Ainsi, le président du PS remet aux calendes grecques (la prochaine législature), la taxe kilométrique bruxelloise, quitte à affaiblir au passage la position de son ministre-président.

En ce début d’année et de législature, les deux principales formations francophones se cherchent. Sortis meurtris des derniers scrutins, au cœur d’une crise sans précédent depuis la guerre, avec des échéances électorales extrêmement lointaines, associés de plus dans quatre gouvernements, libéraux et socialistes se ménagent, fustigeant un PTB qui ne demande que ça.

Pour tous, la route est longue et surtout semée d’incertitudes.

 

@PhWalkowiak

 

Formation du nouveau gouvernement: JT 03/10/2020

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