2019: elles courent, elles courent, les affaires

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Assez trivialement, 2019 reprendra le cours politique là où 2018 l’a laissé. Soit un gouvernement fédéral en affaires courantes, un gouvernement de la fédération Wallonie-Bruxelles en léthargie, un gouvernement wallon qui entend valoriser ses quelques acquis, un gouvernement flamand avec des toujours ministres N-VA et un gouvernement bruxellois en roue libre.

Soit affaires courantes partout ou presque…

Chamailleries

Pour la première fois depuis 1831, la Belgique est dirigée par un gouvernement en affaires courantes… prélude aux affaires courantes précédant les élections ! Un gouvernement démissionnaire mais aussi minoritaire. Pourtant tumultueuse et surprenante, l’histoire politique belge innove donc. Charles Michel et les siens disposent de trois mois, jusqu’à la dissolution des Chambres mi-avril pour tenter de prouver que ce pays reste gérable.

Les tensions qui ont précédé la chute du gouvernement ne laissent présager rien de rassurant. Chaque parti se trouve déjà en campagne électorale et les accrochages fréquents entre majorité et opposition durant la législature rendent peu crédibles les volontés de coopération affichées çà et là.

Le gouvernement en place va tenter de faire avancer quelques dossiers symboliques contre lesquels l’opposition a ferraillé farouchement. Seul un hypothétique appui de la N-VA peut aider Charles Michel et les siens. La Chambre risque bien de redevenir un espace de chamailleries… et d’ailleurs, aucune séance plénière n’est programmée la semaine de rentrée. Chacun va d’abord se jauger.

Élections

Dans les entités fédérées, les gouvernements sont censés travailler jusqu’à la limite électorale du 26 mai mais là aussi, la campagne va dicter les agendas.

En Wallonie, il reste au gouvernement Borsus à valoriser ce qui a été engagé tout en assurant une relative paix sociale dans le dossier des APE, en marquant des points " bonne gouvernance " dans l’affaire Publifin ou en valorisant les créations d’emploi. Reste à savoir si 20 mois d’action politique constituent un bilan suffisant pour convaincre l’électeur wallon. Les élections communales et provinciales ou les derniers sondages ont passablement étrillé les prétentions des trois partis " traditionnels ".

La visibilité du pléthorique gouvernement de la fédération reste plus que limitée à l’heure des bilans, marqué par le putsch manqué du cdH à la toujours Communauté Française. Le constat est identique à Bruxelles. Enfin, si N-VA d’un côté et CD&V et Open-VLD de l’autre se disputent au fédéral, l’action du gouvernement flamand risque de s’en ressentir.

En 2019, l’action politique sera réduite entre affaires courantes après et … avant les élections.

@PhWalkowiak

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK