2017, année électorale

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Pratiquement la même semaine, la N-VA " flingue " donc l’état de droit, la taxe sur les plus-values, le CD&V, la réforme des pensions et Daniel Bacquelaine, François Bellot et la réforme de la SNCB qui n’avance pas, etc…

Tout cela intervient également après que la Cour de Comptes épingle à nouveau les Finances de l’Etat et un sondage sur les intentions de vote qui illustre à nouveau les vases communicants entre N-VA et Vlaams Belang.

Impatience

On arrive sensiblement à la moitié de la législature et les résultats politiques se font attendre pour les nationalistes. Certes, 100.000 emplois nouveaux ont été créés, martèle la majorité, mais le taux d’emploi, véritable marqueur, n’a pas bougé. De plus, la population flamande ne le ressent guère.

La N-VA se faisait fort de mettre de l’ordre dans les finances publiques, de répondre aux exigences européennes. Il manque 10 milliards pour y arriver d’ici 2019. Un gouffre à oublier ?

Sur la migration, Theo Francken veut incarner l’inflexibilité. Il a découvert en Algérie cette semaine les difficultés à y renvoyer des sans-papiers et il entend de faire de cette famille syrienne attendue à Namur, un symbole, quitte à nier l’état de droit. Pas véritablement un souci à la N-VA, où Bart De Wever recommande régulièrement de ne pas tenir compte des conventions internationales. Le Vlaams Belang n’est pas loin.

Premier parti de la coalition fédérale, les nationalistes tiennent à tirer parti de leur participation, faire oublier la mise au frigo du communautaire, l’exclusion de deux députés trop " flamingants " et profiter de l’affaiblissement du MR empêtré dans l’affaire De Decker.

Tactique

Le calendrier est ainsi fait : la fin de la législature s’annonce terrible avec les communales du 14 octobre 2018 et les élections régionales, européennes et en principe fédérales de mai 2019. Le gouvernement fédéral est le seul à pouvoir " tomber " avant terme. Et au vu de ce calendrier électoral, de la campagne qui précède un scrutin, 2017 devient la seule année où des élections anticipées sont praticables avec deux " fenêtres de tir " : mai ou novembre.

En faisant débarquer Kris Peeters à Anvers face à Bart De Wever, le CD&V a déjà donné le ton du futur affrontement communal. Immanquablement, la N-VA fait ses calculs : même amoindrie, elle reste de loin la première formation flamande. Selon notre dernier baromètre, il faudrait une hypothétique alliance de quatre partis pour écarter De Wever et les siens. Les voix du Vlaams Belang restent difficilement comptabilisables et plusieurs voix à la N-VA, dont celle de l’inénarrable Theo Francken, ont fait entendre qu’il ne fallait systématiquement écarter l’extrême-droite.

La N-VA a aussi remarqué que côté francophone, le PS n’a jamais été aussi bas dans les intentions de vote et que le MR pourrait bien (re)devenir le premier parti au sud.

Des opportunités à saisir en 2017 ?

 

@PhWalkowiak

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