1er mai: retour vers le futur

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

C’était un peu On ne change pas une équipe qui gagne contre Il faut se débarrasser de ces affameurs du peuple, un affrontement très 80’s entre La Force Tranquille (slogan Mitterrandien assumé par le MR) et Le Retour du Cœur spitaelsien anti Martens-Gol.

Confirmation libérale contre renversement socialiste : Charles Michel espère rejouer 1985 là où Elio Di Rupo en appelle à 1987.

Il ne manque plus que Marty McFly et la DeLorean !

Bilan

A quelques encablures des échéances électorales, c’est un peu la loi du genre : la majorité en place met en avant les plus beaux atours de son bilan là où l’opposition n’en pointe que les errements. Le MR devant un seul parterre de convaincus, le PS en boucle devant une vingtaine d’assemblées de militants et sympathisants. Le numéro est rodé.

Chez les libéraux, on met en avant la création de 185.000 jobs, jobs, jobs (un peu comme si Charles Michel avait signé lui-même les nouveaux contrats et que l’embauche n’avait commencé qu’en juillet 2017 en Wallonie) tandis que les socialistes promettent de mettre fin au drame social actuel en augmentant les salaires minimums (financement encore à préciser mais qui viendra bientôt, nous dit-on) sans préciser comment convaincre Flandre ou éventuels alliés.

Chacun dresse son bilan.

Campagne

Chacun rode également son mantra pour des élections à double détente (octobre 2018-mai 2019), sachant qu’un succès au match aller ouvrira des perspectives intéressantes au match retour.

Au MR, on ne cache plus son ambition de poursuivre dans la même ligne, avec les mêmes si possible, même si la faiblesse chronique du cdH en Wallonie plombe le projet. Et tant pis si l’adage de stratégie politique " on ne fait pas campagne sur un bilan, mais sur un projet " est en l’occurrence battu en brèche.

Au PS, faute de bilan, on avance des projets, beaucoup de projets, ancrés à gauche. Mais pour augmenter le salaire/horaire minimum de plus de 50% ou ramener l’âge de la pension à 65 ans, il faudra trouver des partenaires … en Flandre ! Les engagements socialistes risquent de ne rester que des promesses de campagne.

D’un côté comme de l’autre, on comprend que c’est le rapport de force né des scrutins qui forgera les prochaines coalitions, que PS et MR pourraient aussi être contraints de se retrouver autour d’une même table.

On en reparlera très certainement lors du 1er mai … 2019, avec cette même musique de fond très 80’s !

 

@PhWalkowiak

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