140 000 emplois, trou budgétaire: grâce à qui?

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

La Banque Nationale annonce la création de 140 000 emplois de 2016 à 2018. C'est une excellente nouvelle et une confirmation supplémentaire que la politique du gouvernement porte ses fruits, s’est empressé de se réjouir le Premier Ministre. Pourtant, en mai 2015, avant le lancement du tax-shift et autres mesures, le Bureau du Plan prévoyait la création de 200 000 emplois d’ici 2020 en Belgique, ce qui ramènera le chômage belge à son plus bas niveau depuis 1991.

La victoire a cent pères…

La plupart des experts en conviennent les mesures du fédéral vont généralement dans le bon sens. Même si la tentation politique est d’en revendiquer l’unique paternité, elles ne sont finalement qu’une partie d’un très vaste ensemble.

On l’avait vu, l’absence de mesures budgétaires structurelles pendant la longue crise politique (2010-2011) avaient finalement été plutôt bénéfique pour la Belgique. Quoiqu’il en dise aujourd’hui, Elio Di Rupo (et sa majorité tricolore) avait également engagé une première vague d’austérité.

Par ailleurs, on le répète, la vitalité économique de la Belgique est essentiellement liée à celle de l’Allemagne et des autres voisins.

De même, la Wallonie en est à son 22ème mois de suite de baisse du chômage et le gouvernement wallon pense bien évidemment qu’il y est pour quelque chose.

L’économie se construit sur de longs " trends " là où le politique est souvent à brève échéance (électorale).

…, la défaite est orpheline (J.F Kennedy).

Tant le gouvernement fédéral que les gouvernements régionaux savent qu’ils seront évalués en 2019 par les citoyens-électeurs en partie sur les résultats économiques concrets engrangés ou en tout cas à l’impression que chacun pourra s’en faire.

La Belgique a ceci de pratique que si la politique économique et d’emploi est régionale, la politique fiscale ou sociale est restée fédérale. Chacun pourra tirer la couverture à soi.

Toutefois, la Banque Nationale fait aussi remarquer qu’il manquera huit ou neuf milliards d’euros d’ici 2018 pour garder les finances "belges" dans les clous européens. La dette belge reste trop élevée, l’inflation risque de compromettre la reprise. Cela se bouscule beaucoup moins alors pour prendre sa part.

En première ligne, Charles Michel et ses alliés flamands vont se retrouver bien seuls au moment de financer entre autre le tax-shift vanté… ou d’affronter la grogne sociale qu’une nouvelle compression des moyens des services publics, ne manquera pas de provoquer.

@PhWalkowiak

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