Manifestation nationale: 60 000 personnes, des incidents isolés en fin de cortège

Des incidents se sont produits près de la gare du Midi
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Des incidents se sont produits près de la gare du Midi - © RTBF

Le cortège de plusieurs milliers de militants (60 000 personnes selon la police de Bruxelles) qui ont manifesté ce mardi en front commun syndical est parti de la gare du Nord peu avant 11h30 et s'est élancé sur le boulevard du Jardin Botanique. Les syndicats dénonçaient la politique du gouvernement fédéral et l'absence de concertation sociale.

La manifestation s'est déroulée dans le calme jusqu'à l'arrivée dans le quartier de la gare du Midi où une dizaine de casseurs ont provoqué et affronté les policiers. Le commissaire Vandersmissen, en charge du dispositif policier de sécurité, a été emmené en ambulance après avoir été frappé à la tête. Un autre policier a été blessé.

Vers 15h20, la police a levé l'important dispositif déployé dans ce quartier. il a été procédé à 21 arrestations administratives et 2 arrestations judiciaire.

"Nous voulons une politique qui ait du sens et des perspectives pour la population, or ce n'est pas le cas aujourd'hui", a déclaré Marie-Hélène Ska, secrétaire générale du syndicat chrétien CSC, en tête de cortège. "On économise des milliards d'euros au détriment de la justice sociale."

"Le gouvernement fait sans cesse référence à la concertation sociale, mais ils ne tiennent pas compte des arguments des syndicats et ne respectent pas la dignité des travailleurs", a souligné Marc Goblet, secrétaire fédéral du syndicat socialiste FGTB.

"Tout ce qui est dans la loi Peeters est déjà possible actuellement, mais le gouvernement souhaite le rendre obligatoire et le soustraire à la concertation. Cela place le travailleur seul face à l'employeur."

"Nous sommes dans la rue pour montrer qu'il y a des alternatives", a pour sa part indiqué le secrétaire national du syndicat libéral CGSLB Olivier Valentin. "Le gouvernement veut transformer une flexibilité négociée en une flexibilité unilatérale", dénonce-t-il.

Les trois syndicats demandent un retour à une "véritable concertation sociale".

"Pas touche à nos pensions"

"Non à la semaine des 45 heures", "pas touche à nos pensions", "non à la flexibilité" étaient les messages brandis par les militants.

"Nous dénonçons surtout le manque de perspectives d'avenir", expliquait un jeune membre du SETCa (syndicat des employés de la FGTB). "Travailler jusqu'à 67 ans et de plus en plus d'heures, je n'ai pas envie de cet avenir-là."

"C'est un gouvernement qui ne défend pas l'intérêt des travailleurs", lançait un autre militant. "Si le gouvernement fédéral ne veut pas plier, il faudra le faire tomber."

"La coupe est pleine" était le message principal véhiculé par le front commun syndical. Les syndicats CSC, FGTB et CGSLB dénoncent les coupes opérées dans les services publics et l'enseignement, et l'absence de concertation sociale. Les représentants des travailleurs fustigent aussi la "loi Peeters" qui prévoit une annualisation du temps de travail.

FEB: peu d'impact sur les entreprises

La Fédération des entreprises belges (FEB) indique que la manifestation a peu d'impact sur les entreprises. "Les patrons ont pris leurs précautions. Il n'en reste pas moins que l'absence de travailleurs peut compliquer le processus de production ou retarder l'arrivée des livraisons chez les clients".

Le Voka, l'organisation patronale flamande, considère également que les conséquences de la manifestation sur les entreprises sont limitées.

"Nous comprenons que les propositions concernant la formation ou la semaine de 38 heures suscitent des questions. Toutefois, les informations inexactes diffusées à ce sujet contribuent aussi à l'inquiétude. (...) C'est pourquoi la FEB propose d'établir une liste des points à clarifier, qui peuvent faire l'objet d'une concertation avec le gouvernement", déclare Pieter Timmermans, administrateur délégué de la fédération. "Il est préférable (...) de procéder de cette manière plutôt que de faire subir au pays une longue série d'actions sociales".

Pour la FEB, "notre économie se trouve à un point de basculement vers plus d'investissements et d'emplois", comme elle l'a souligné lundi lors de la publication de ses prévisions conjoncturelles.

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