L'armée en renfort dans les prisons: le personnel se réunit en assemblées ce lundi

Le Commandant militaire de la Province de Liège, le Colonel Jean-Louis Crucifix et l'adjudant-chef Roland Bouquette, viennent d'arriver à la prison de Lantin. Ils sont en conversation avec Jean-François Duchêne, commissaire de police de la Zone Basse-Meuse.
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Le Commandant militaire de la Province de Liège, le Colonel Jean-Louis Crucifix et l'adjudant-chef Roland Bouquette, viennent d'arriver à la prison de Lantin. Ils sont en conversation avec Jean-François Duchêne, commissaire de police de la Zone Basse-Meuse. - © Tous droits réservés

L'assistance de l'armée est réquisitionnée dans les prisions bruxelloises et wallonnes, en vue de fournir un soutien humanitaire supplémentaire, a annoncé par voie de communiqué le cabinet du Premier ministre, au quatorzième jour de la grève qui touche les prisons francophones du pays.

Cette décision a été prise après que les ministres compétents de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA) et de la Justice Koen Geens (CD&V) en aient fait la proposition au Conseil des ministres restreint.

Les premiers hommes seront envoyés dès ce lundi matin dans les différents établissements pénitentiaires, a confirmé à la RTBF le cabinet du ministre de la Justice.

"Sur le pont sans discontinuité depuis 12 jours"

"Cette possibilité de réquisition dans le chef de la commissaire générale de la police fédérale trouve sa base dans l'article 111 de la loi sur l'organisation de la police intégrée", indique le communiqué.

La décision est qualifiée de "nécessaire", car "les directions, les non-grévistes, la protection civile et le Croix-Rouge sont sur le pont sans discontinuité depuis 12 jours dans les circonstances extrêmement difficiles causées par la grève générale dans les institutions pénitentiaires bruxelloises et wallonnes".

Six pelotons de 30 personnes

Cette mission doit donc "permettre d'améliorer la situation des détenus dans les prisons impactées au niveau des droits de base".

En concertation avec Jan Jambon et le ministre de la Défense Steven Vandeput (N-VA), Koen Geens assurera à ce que ces renforts soient répartis de manière optimale entre les différents établissements pénitentiaires.

Cette mission concernerait, dans un premier temps, six pelotons de 30 personnes, soit un total de 180 militaires.

Selon le porte-parole de la Défense, ce nombre représente toutefois un maximum. L'armée sera bel et bien obligée de répondre à la réquisition, mais "dans la mesure de ses moyens".

Des assemblées générales prévues ce lundi

En région bruxelloise, le personnel des prisons de Saint-Gilles, Forest et Berkendael se réunira entre 11h et 14h. Au centre de ces trois assemblées générales : la suite à donner à la grève des agents pénitentiaires qui réclament depuis deux semaines un renfort des effectifs.

Plusieurs prisons wallonnes ont déjà dit non au protocole d'accord noué vendredi entre syndicats et gouvernement. Et il est bien possible que les gardiens des trois prisons bruxelloises votent aussi pour continuer la grève.

Car il ne faut sans doute pas compter sur la décision prise dimanche soir par le gouvernement fédéral pour apaiser le climat social : dès ce lundi, 180 militaires vont être déployés progressivement dans les prisons bruxelloises et wallonnes. On rappelle que l'objectif est double : soulager les policiers débordés qui remplacent les gardiens depuis deux semaines ; et améliorer par la même occasion les conditions de détention, très difficiles.

Sauf que le principe même de recourir à des militaires est fortement critiqué. Par les représentants syndicaux des prisons, bien sûr, mais aussi par les directions de ces établissements.

C'est une première dans notre pays. Un dangereux précédent, disent-ils. Une pratique digne d'un état totalitaire, même pour le président de l'association des directeurs de prison francophones.

A Jamioulx, une assemblée générale a débuté ce lundi matin sur le parking de la prison. Samedi, le personnel avait refusé le protocole d’accord. Et ce matin, ils décideront de la suite à donner au mouvement ; en attendant de connaître également ce que donneront les réunions prévues ce lundi après-midi au niveau national.

A Jamioulx, cela dit, la nuit a été relativement calme : aucun incident n’a été relevé. Et selon les derniers éléments recueillis ce matin, il n'y pas encore de présence militaire au sein de la prison carolo.

A Arlon, l'assemblée générale est prévue vers 13h30.

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