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Agents pénitentiaires au cabinet de Koen Geens: "Propositions insuffisantes"

"Nous sommes face à une situation de blocage", ont indiqué, à l'issue d'une réunion entre le ministre de la Justice, l'administration pénitentiaire et les représentants syndicaux du secteur des prisons, Michel Jacobs, secrétaire fédéral de la CGSP AMiO et Laurence Clamar, secrétaire permanente CSC Services publics.

Le protocole rédigé lundi comprend plusieurs propositions, dont le remplacement à partir de ce lundi et pour 2016 de chaque membre du personnel qui part et la prime de flexibilité. "On persiste dans la rationalisation", regrette Michel Jacobs. "Il y a un ras-le-bol, un trop plein." "La flexi-prime peut nous satisfaire à partir du moment où elle permet de ne pas perdre trop d'argent, mais si c'est pour rendre obligatoire la rationalisation, là ça blesse au sud du pays", ajoute-t-il.

Pour la CSC Services publics, les propositions sont également insuffisantes. "Il y a déjà un problème de sécurité. Plutôt que de remplacer le personnel, il faut engager", souligne Laurence Clamar. De plus, la flexi-prison est davantage bien accueillie dans les prisons du nord du pays, dont "certaines ont déjà appris à travailler autrement". "On a un peu l'impression qu'on assiste à une situation où ce sont les prisons du sud qui sont dans la rue et on répond aux demandes des prisons du nord", déplore-t-elle.

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Le protocole d'accord jugé "insuffisants" par les représentants syndicaux sera présenté à la base avant une nouvelle réunion mardi avec Koen Geens. © Tous droits réservés

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"Les trois organisations syndicales se sont exprimées lors de la réunion", explique-t-il. "Nous avons dit que nous voulions revenir au cadre de 2014 et pas en-dessous, mais on ne sait pas faire entendre raison à ce gouvernement."

Le protocole d'accord sera envoyé à tous les délégués et des assemblées générales seront organisées mardi dans les prisons bruxelloises et wallonnes pour décider des suites à donner au mouvement de grève, en cours depuis près d'une semaine.

Une nouvelle réunion aura lieu demain après-midi entre les syndicats des prisons et le ministre de la Justice Koen Geens pour tenter de trouver un terrain d'entente.

"Constamment sous pression"

Pour les agents pénitentiaires en grève, c'est simple, il faut plus de personnel. Les prisons sont en sous-effectif: "Il y a des agents qui viennent presque travailler tous les jours, qui sont en permanence sous pression par manque de personnel", explique Marc Peeters, délégué CSC à la prison d'Andenne. "Au lieu d'effectuer la tâche d'une seule personne, nous nous retrouvons à effectuer la tâche de deux agents voire deux agents et demi", complète David Froisart.

Un manque de personnel pas forcément formé non plus pour accueillir notamment les détenus radicalisés comme à la prison d'Andenne.

"Dictateurs, nous ne serons jamais vos esclaves"Une petite centaine d'agents pénitentiaires militants de la CSC Services Publics, de la CGSP-AMiO et du SLFP s'étaient réunis ce lundi matin devant cabinet du ministre de la justice alors que la grève continue dans les prisons qui dure depuis une semaine.

Cette réunion était prévue à 09h00 au cabinet du ministre Koen Geens. La rencontre se tenait en présence de l'administration pénitentiaire et des représentants syndicaux. "Dictateurs, nous ne serons jamais vos esclaves", pouvait-on notamment lire sur une pancarte tenue par des militants, également munis de sifflets. La grève a été lancée lundi 25 avril à 22h00 et devait initialement durer 24 heures. Elle a toutefois dépassé ce délai dans les prisons francophones du pays, tandis que le travail a repris normalement mercredi en Flandre.

Des tensions de plus en plus palpables

Une réunion de concertation s'était déjà tenue jeudi mais les syndicats avaient quitté la table des négociations, n'ayant pas obtenu d'engagement fort de la part de l'autorité politique, avait souligné Laurence Clamar, secrétaire permanente Justice de la CSC Services Publics.

Tant les policiers qui remplacent les agents que les détenus ont de plus en plus de mal à supporter la situation. La CSC avait déjà pris contact avec le cabinet du ministre de la Justice, Koen Geens, pour demander une réunion. Une rencontre sera finalement organisée jeudi à 08h30 dans les locaux du SPF Justice à Bruxelles. Tous les représentants syndicaux du secteur, tant flamands que francophones, sont invités à y participer.

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