Un RER wallon au rabais, ce serait illégal!

En annonçant qu’elle refuse à la mise à 4 voies du RER wallon, Jacqueline Galant(MR) rompt unilatéralement la convention signée en 2003 et qui prévoit explicitement, et en détail, la capacité exigée sur ces liaisons ferroviaires.
C’était le fruit d’une négociation signée par toutes les parties et, selon le ministre wallon de la Mobilité, en prenant la décision de limiter le service, son homologue fédérale s’est mise dans l’illégalité.
Pour Carlo Di Antonio (cdh), c’est inacceptable. Il annonce donc une réplique du Gouvernement wallon dès ce jeudi.

Convention = loi
La convention à laquelle Carlo Di Antonio se réfère a été signée le 4 avril 2003 par les régions et le Gouvernement fédéral. Elle énonce et garantit les conditions d’amplitude, de fréquence et de vitesse commerciale des trains en heure de pointe, en soirée, les jours ouvrables et le week-end. Bref, le texte a été soigneusement pesé et, a priori, analyse-t-on côté wallon, tout changement, toute adaptation des normes, implique une consultation préalable et l’approbation de toutes les parties. "Revenir à une version light du RER ne permet pas de respecter les termes de cette convention", analyse Carlo Di Antonio.

RER wallon à 4 voies? Irréaliste!
Pourtant, Jacqueline Galant ne s’est apparemment pas embarrassée de ces dispositions. S’il faut en croire la ministre, toutes ces infrastructures – dont la Flandre est aujourd’hui équipée – ne sont pas nécessaires en Wallonie… quand bien même les ingénieurs qui ont conçu les liaisons affirment le contraire.
La ministre estime que ce ne serait pas réaliste de poursuivre des travaux de mise à 4 voies au sud de Bruxelles. Elle évoque les retards qui se sont accumulés sur les lignes 161 et 124, les chantiers paralysés par des problèmes liés aux permis. Tout cela reporterait de toute façon les travaux à au moins deux ou trois ans, dit-elle.

Namur sur le sentier de la guerre
On a déjà entendu des réactions outrées à ces propos. Voici maintenant venir la réplique. "On va l’évoquer demain (ce jeudi) au Gouvernement wallon pour voir de quelle manière on peut réagir", annonce le ministre Di Antonio.
De fait, c’est une vraie question: le Comité de Concertation – on l’a encore vu la semaine dernière – est une foire d’empoigne où l’on s’invective plus qu’on ne discute. Les Gouvernements wallon et fédéral n’entretiennent que des relations sporadiques. Et la ministre Galant s’est rarement montrée ouverte à la remise en cause de son approche.

La semaine dernière, le Ministre-Président wallon, Paul Magnette, a offert de préfinancer les travaux du RER. Sa proposition n’a guère eu d’écho. Si ces gestes conciliants sont dédaignés, on est en droit de se demander quel moyen de pression est susceptible de faire bouger quelque peu le roc fédéral et, a fortiori, l’ébranler pour de bon.

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