Aachen et Maastricht à l'assaut de la centrale nucléaire de Tihange: Marghem temporise

Doel, l'autre centrale nucléaire mise en cause par nos voisins.
Doel, l'autre centrale nucléaire mise en cause par nos voisins. - © EMMANUEL DUNAND - AFP

Dans la saga nucléaire qui agite notre pays depuis plusieurs années désormais, l'annonce de Maastricht et d'Aix-La-Chapelle (Aachen) d'envisager une action en justice afin de contraindre la Belgique à améliorer la sécurité de ses centrales nucléaires, voire à les fermer, fait grand bruit. 

Une annonce explosive qui n'affole pas la ministre fédérale de l'Énergie, de l'Environnement et du Développement durable Marie-Christine Marghem (MR): "Il faut entendre les craintes et c'est pour cela que la visite de Doel a lieu. Nous avons une rencontre avec les experts néerlandais, la ministre de l'Environnement, Jan Jambon (N-VA) et moi-même demain matin à Doel. À l'issue de cette rencontre, qui comprendra une visite de la centrale et des échanges entre experts, nous pourrons vous en dire plus. Nous irons d'ailleurs aussi visiter la centrale de Borssele aux Pays-Bas qui se trouve à quelques kilomètres de Doel."

Car ces préoccupations ne semblent pas vraiment fondées pour l'élue MR: "Nous suivons les avis de l'AFCN et l'AFCN dit qu'il n'y a aucun problème. Le gouvernement est très scrupuleux, très exigeant, l'AFCN est une agence indépendante, composée d'experts notoirement reconnus sur le plan internationale. Pour nous il n'y a aucun problème".

Concernant les actions judiciaires en tant que telles, Marie-Christine Marghem calme le jeu: "Dans le cadre des relations diplomatiques, des actions judiciaires sont difficilement envisageables." D'autre part, la ministre fédérale de l'Énergie, de l'Environnement et du Développement durable précise que ces actions "si elles ont lieu, se fondent sur des traités internationaux et fondent leur action plutôt sur le consensus, donc ce n'est pas du tout à l'ordre du jourPar contre, les lois, les règlements, les actes administratifs peuvent être interrogés devant les juridictions de ce pays, et le gouvernement suivra les décisions des cours de justice de ce pays, il n'y a pas de problème".

Ce mardi soir, le conseil communal de Maastricht doit décider s'il rejoint ou pas l'action juridique des Allemands.

L'opposition a réclamé ce mardi que l'examen du projet de loi encadrant la convention avec Electrabel pour la prolongation de Doel 1 et 2 ne dépasse pas le stade de la discussion générale tant que la position de la Commission européenne n'est pas connue.

Nous suivons les avis de l'AFCN et l'AFCN dit qu'il n'y a aucun problème.

Dans son avis, le Conseil d'Etat met en garde le gouvernement contre le risque d'une infraction aux règles européennes en matière d'aide d'Etat. Il vise plus particulièrement les cas où une indemnisation est due par l'Etat en cas d'arrêt des centrales.

La ministre de l'Energie, Marie-Christine Marghem, s'est voulue confiante sur ce point. Les obligations d'indemnisation des deux parties ont été précisées dans la convention avec Electrabel signée après l'avis du Conseil d'Etat.

"Electrabel assume seul les risques", a fait valoir Mme Marghem. Le cabinet de la ministre rencontrera mercredi les services de la Commission.

La convention fixe à 20 millions d'euros la redevance due par Electrabel jusqu'en 2025 pour la prolongation des deux centrales nucléaires. La somme est due même en cas d'indisponibilité des centrales, a précisé la ministre.

Pour mener à bien cette opération, Electrabel investira 702 millions d'euros dans divers travaux. Le calendrier de ceux-ci a également été contesté par les écologistes puisque 427 millions seront réalisés en 2018 et 2019 alors que les centrales ont déjà été relancées. Ce calendrier a reçu le feu vert de l'Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN), a répondu la ministre.

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