Grève du rail: les menaces de la SNCB, l'appel à la responsabilité du Premier ministre

Quand la grève s’empare des quais.
Quand la grève s’empare des quais. - © DIRK WAEM - BELGA

La SNCB refuse de conclure un accord avec les organisations syndicales au sujet de leur financement. Et cela en raison du préavis de grève de cinq jours en janvier. Un élément de plus dans une annonce qui fait beaucoup de bruit. 

Du 5 au 7 janvier et du 20 au 23 janvier sont les dates choisies par les syndicats socialiste et chrétien. Des syndicats qui dénoncent l'augmentation de la productivité voulue par la direction. Une productivité moyenne augmentée de 1 heure 30 par semaine, sans compensation. Un jour férié serait aussi supprimé.

Pour les syndicats, l'emploi est touché, tout comme la sécurité des voyageurs. D'où ces actions annoncées. Mais depuis jeudi, une vague de protestation s'abat sur le quai. Etudiants, navetteurs, ministres montent dans le train de la contestation.

Instaurer un service minimum

La ministre de la mobilité Jacqueline Galant annonce, pour sa part, le début de l'instauration d'un service minimum. Des scénarios sont discutés.

Quant à la direction de la SNCB, elle bloque l'accord de financement des syndicats. Un accord de 2008 qui doit être renégocié. Si pas d'accord, les travailleurs libérés pour des fonctions syndicales devraient retourner au travail, explique le Standaard. Le dernier accord prévoyait l'octroi de 10 millions d'euros aux syndicats. La situation s'envenime davantage.

Charles Michel désapprouve

Par ailleurs, en marge du Conseil des ministres réuni ce vendredi, le Premier ministre a témoigné de sa désapprobation concernant les grèves prévues à la SNCB: "En période de concertation sociale entre syndicats et patrons, je trouve donc ça regrettable de lancer un appel à la grève de 120 heures. Je constate que ce sont les étudiants, les navetteurs qui en subiront les conséquences", a-t-il déclaré. Charles Michel en appelle donc à la responsabilité des syndicats.

Grève maintenue

Face à l’appel de Charles Michel, les syndicats espèrent de leur côté que les patrons vont entendre leur appel à eux: "Ce plan va beaucoup plus loin que ce qui est passé dans la presse. Les propositions de la SNCB menacent la qualité de notre travail et du rail", explique Marianne Lerouge, responsable syndicale à la CSC Transcom. 

Pour le syndicat, pas question de remettre en cause la grève. La CSC estime qu'elle est nécessaire et a déjà démontré son utilité vu que "la direction a accepté de fixer un rendez-vous la semaine prochaine depuis que le préavis de grève a été déposé". Malgré ce rendez-vous, les syndicats attendront ces discussions pour éventuellement faire évoluer leur position. A ce stade, la grève reste donc bien maintenue. 

Quant à la menace de la SNCB de couper le financement des syndicats, Marianne Lerouge estime qu'il n'y a rien de neuf: "C'est une forme de chantage qui a déjà été faite. Ils ont aussi menacé de couper une partie de l'assurance hospitalisation des travailleurs par le passé". 

"Les vrais problèmes de la SNCB"

Le syndicat socialiste ACOD (CGSP) se dit pour sa part déçu des réactions aiguisées des représentants politiques. "Au lieu d'attaquer les syndicats, les membres de la N-VA et de l'Open VLD feraient mieux de travailler sur les réels problèmes de la SNCB", estime-t-il.

Pour le syndicat, l'accord proposé va bien au-delà de la perte de quelques jours de congé. "A long terme, la proposition de la direction implique de largement couper dans l'emploi au sein de la SNCB. Les voyageurs en seront également affectés." Au final, c'est la sécurité qui est hypothéquée, appuie l'ACOD.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK