Le débat sur la fusion des zones de police de Bruxelles est relancé

C'est la N-VA qui a relancé ce vieux pavé dans la mare ce week-end. Après la découverte des liens de Molenbeekois avec les attentats de Paris, le parti nationaliste flamand a une nouvelle fois jugé peu efficace la police bruxelloise et demandé la fusion des six zones de police. Les autres partis flamands refusent quant à eux, de lier le débat à cette actualité, mais n'en sont pas moins de fervents défenseurs de l'idée d'une police unie.

Le sp.a rappelle d'ailleurs qu'il a déposé une proposition de loi en ce sens, l'année dernière : "C'est avant tout une question d'efficacité, explique le député bruxellois Jef Van Damme. Une police unie, qui dépendrait du Ministre-Président, fonctionnerait de façon beaucoup plus efficace que six zones séparées. Parce qu'aujourd'hui, dans certaines matières (prostitution, problèmes de drogue) quand une zone fait un effort sur son territoire, la délinquance se déplace. Et puis c'est aussi une question d'uniformité. Bruxelles est une ville, il ne devrait pas y avoir six politiques différentes. Et enfin, c'est un, principe de solidarité, les zones les plus pauvres n'arrivent pas à remplir leur cadre. Une fusion pourrait permettre une distribution, plus égalitaire des fonds et donc des moyens policiers".

Côté francophone, on rejette l'idée catégoriquement. Et surtout on estime qu'il y a erreur de diagnostic : "Le vrai problème à Bruxelles, c'est un problème d'effectifs, explique le Ministre-Président bruxellois Rudi Vervoort. On manque d'environ 700 policiers, c'est chronique. On a un financement insuffisant, depuis que la réforme a été mise en œuvre. On n'a même pas tenu compte de l'évolution de la population. On compte nos effectifs sur une population de 900 000 Bruxellois, or on est 1 million 200 mille. Et encore, en journée, il y a 500 000 navetteurs. Donc au total on est pas loin de 2 millions. Ce n'est pas aux communes à porter, à elles seules, le poids de leurs polices. A Bruxelles, les communes paient plus qu'ailleurs pour leur sécurité. Il y a un déséquilibre".

Le bourgmestre d'Etterbeek Vincent De Wolf, chef du groupe MR au Parlement bruxellois, explique qu'une zone de police unique pour une population d'un million 200 mille personnes pourrait causer du tort à la police de proximité. "Ce serait une perte de qualité énorme. C'est un peu l'inverse qu'il faut faire : augmenter le nombre d'agents de quartiers, changer les normes actuelles qui sont d'un agent pour 4000 habitants, c'est nettement insuffisant en ville". Et Vincent De Wolf d'ajouter : "Depuis 10 ans, vous n'avez aucune défaillance dans le fonctionnement des zones. Vous n'avez jamais pu lire dans la presse qu'il n'y a pas eu de collaboration, qu'on on n'a pas pu travailler ensemble pour de grosses manifestations. Ça n'est pas vrai, ça n'existe pas"

Voilà pour les arguments techniques. Mais il y a une autre lecture du dossier. Les partis flamands accusent les francophones de vouloir à tout prix, protéger le pouvoir des 19 bourgmestres. Et à l'inverse, francophones y voient une nouvelle attaque institutionnelle. "Pour la N-VA, ceci n'est qu'une étape, explique Rudi Vervoort, ce que le parti vise, c'est une simplification totale : la fusion des communes, c'est un district, c'est la gestion par les communauté. C'est ça l'enjeu. C'est ça leur agenda". Et ces arguments-là aussi interviennent dans le bras de fer.

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