Caisses "intelligentes": "Les installateurs eux-mêmes nous expliquent comment faire du noir"

"A moins de mettre un inspecteur dans chaque établissement, le noir, ça se fera toujours."
"A moins de mettre un inspecteur dans chaque établissement, le noir, ça se fera toujours." - © JASPER JACOBS - BELGAIMAGE

Le nouveau système de caisses "intelligentes" sera obligatoire dès janvier dans l' Horeca. Malgré la levée de bouclier d'une grande partie du secteur, c'est bien ce qu'a décidé le gouvernement, même si des mesures transitoires pourraient être prévues.

José Weickmann, un restaurateur de Tilff annonçait dans la presse locale ce week-end (La Meuse) qu'il avait décidé de licencier trois personnes à cause de cette obligation. Cet indépendant qui emploie neuf personnes va prendre les devants, affirme-t-il, en fermant deux jours par semaine.

Le restaurateur ne mâche pas ses mots sur la caisse enregistreuse, également appelée "Black Box" par les professionnels. "L'impact est le suivant: les jours creux, lundi, mardi, mercredi, nous faisons 1500 euros de chiffres d'affaires. On en a besoin de 2800-2900 pour couvrir l'ensemble des frais de l'établissement" explique-t-il.

Le noir? "Il y en aura toujours!"

Comment faisait-il? En recourant à la main d’œuvre au noir. "Mais à partir du moment où ce n'est plus possible,!on va perdre de l'argent lundi, mardi ou mercredi! Donc nous allons fermer deux jours par semaine." Ce n'est pas la seule conséquence pour son établissement. José Weickmann annonce qu'il va aussi licencier du personnel.

Cela étant dit, le restaurateur l'affirme: l'installation obligatoire de la Black box ne va pas empêcher les restaurants de recourir à du noir. "Même les installateurs de caisses enregistreuses vous expliquent comment faire. Il ne faut pas se leurrer hein", lance-t-il. Il connait la procédure pour contourner les contrôles de la nouvelle caisse, et ses collègues aussi, assure-t-il. "A moins de mettre un inspecteur dans chaque établissement, le noir, ça se fera toujours."

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