Grèce-Eurozone: un accord est intervenu, le Grexit n'aura pas lieu

Un Alexis Tsipras apparemment satisfait à l'issue de ce marathon de tractations.
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Un Alexis Tsipras apparemment satisfait à l'issue de ce marathon de tractations. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA
  • Un accord pour venir en aide à la Grèce a finalement été trouvé
  • Ce plan de sauvetage est chiffré entre 82 et 86 milliards d'euros
  • La Grèce devra rapidement mettre en oeuvre des réformes drastiques
  • Plusieurs parlements, dont le grec, doivent encore valider l'accord

 

Il aura finalement fallu toute la nuit aux dirigeants de la zone euro pour tomber d'accord sur un nouveau plan d'aide à la Grèce, le troisième depuis 2010. 

"Nous avons réussi! Il y a un accord qui ouvre de l'espoir et de l'optimisme pour envisager la relation entre la Grèce et les autres pays européens de manière plus sereine", annonçait lundi matin le Premier ministre belge Charles Michel à l'issue du sommet des chefs d'Etat et de gouvernements de l'euro zone.

Afin de bénéficier de cet accord, la Grèce doit "rationaliser le système de TVA et élargir sa base pour augmenter ses revenus", "améliorer la soutenabilité du système de retraites", "assurer l'indépendance de l'institut statistique ELSTAT", "mettre en place une Autorité fiscale indépendante et un mécanisme de réduction automatique des dépenses en cas de ratage des objectifs budgétaires", résume l'AFP. Pour le 22 juillet, le pays devra aussi réformer son système judiciaire.

Les créanciers veulent également la privatisation du réseau de transport électrique (ADMIE), et exigent une "modernisation" et un "examen rigoureux" du marché du travail afin d'"aligner les politiques de l'emploi sur les standards internationaux et européens".

Le fonds de garantie de 50 milliards finalement accepté par les Grecs

Les points les plus difficiles lors de la réunion ont porté sur les privatisations et notamment la création d'un fonds de garantie de ces privatisations à hauteur d'un montant de 50 milliards d'euros. Basé au Luxembourg dans l'avant-projet et alimenté par des actifs publics grecs, cette monétisation, en fait une mise sous tutelle européenne, aurait du, toujours selon le pré-accord, être administrée par les instances européennes.

Censé restaurer la confiance des créanciers en la bonne volonté grecque mais inacceptable pour Tsipras et son gouvernement, ce fonds verra donc finalement le jour. Il sera cependant implanté en Grèce, tout en étant géré par les Grecs et supervisé par les autorités européennes. Vingt-cinq milliards d’euros seront affectés à la restructuration du système bancaire tandis que les 25 autres serviront à l'apurement la dette et aux investissements.

Restructuration de la dette et programme de croissance

En contrepartie de cette concession, que beaucoup en Grèce considéraient comme "humiliante", Alexis Tsipras, annonçait avoir réussi à obtenir un financement à moyen terme ainsi qu'un accord sur la restructuration de la dette. "La décision prise aujourd'hui permet à la Grèce de préserver des conditions de stabilité financière. Ce programme de croissance de 35 milliards et la restructuration de la dette feront comprendre aux marchés qu'un 'Grexit' n'est plus d'actualité", a précisé le Premier ministre grec.

"La grande majorité du peuple grec va soutenir cet effort (...) nous continuerons à nous battre" pour "les réformes radicales dont la Grèce a besoin", a-t-il ajouté à l'issue de dix-sept heures de négociations pour le renflouement du pays.

La balle dans le camp des parlements nationaux

Les dirigeants de la zone euro ont par ailleurs chargé l'Eurogroupe, qui se réunit ce lundi après-midi, de prendre les décisions nécessaires en ce qui concerne le financement, notamment immédiat, de la Grèce. Certaines décisions de l’Eurogroupe demeurent cependant tributaires de l’acceptation par certains Parlements nationaux de la zone euro du nouveau plan grec. Dans cette perspective, le président français François Hollande a annoncé que: "L'Assemblée nationale française votera mercredi sur la déclaration d’accord du sommet de la zone euro sur la Grèce. Un accord nécessaire afin que la BCE puisse continuer à fournir d'autres liquidités aux banques grecques".

Le chemin sera long et, si j'en crois les négociations de cette nuit, difficile

Angela Merkel a exprimé quant à elle son intention de recommander au parlement allemand, avec "entière confiance", l'ouverture des discussions d'aide. Une chancelière allemande visiblement satisfaite, d'autant plus que la disparition de l'option "Grexit" la libère de la nécessité de demander un vote de confiance à son égard au Bundestag. La chancelière Angela Merkel a par ailleurs prévenu que le chemin serait "long" et "difficile" pour que la Grèce, à qui ses partenaires européens consentent d'accorder une troisième aide en échange de réformes, retrouve le chemin de la croissance.

"L'accord trouvé après 17 heures de négociations entre la Grèce et ses partenaires de la zone euro comprend une large palette de réformes au moyen desquelles, je crois, la Grèce a la chance de revenir sur le chemin de la croissance. Mais le chemin sera long et, si j'en crois les négociations de cette nuit, difficile", a-t-elle ajouté.

Même son de cloche du côté du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, lequel n'a pas manqué de rappeler la position de la Commission tout au long des débats: "Nous avons trouvé un accord, il fut laborieux mais depuis le début, la Commission n'a cessé d'insister sur le fait que nous ne saurions accepter une quelconque forme de Grexit".

Un accord annoncé, via Twitter

Le Premier ministre, Charles Michel, avait été le premier ce lundi a annoncer l'accord via un tweet laconique disant simplement: "Agreement" ("accord" en anglais). Une affirmation très rapidement officiellement confirmée par le président du Conseil, Donald Tusk, également via Twitter.

Le texte complet de l'accord officiel du sommet européen.

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