Grèce: 17 heures de négociations pour obtenir un accord "unanime"

Après dix-sept heures de négociations ardues, les dirigeants de la zone euro ont conclu ce lundi matin un accord "unanime" pour négocier un troisième plan d'aide à la Grèce et éviter in extremis une sortie du pays de l'union monétaire.

Le Premier ministre belge Charles Michel a été parmi les premiers à l'annoncer en anglais sur Twitter. 

"Le sommet de la zone euro a trouvé un accord à l'unanimité. Sommes tous prêts pour un programme d'aide pour la Grèce via le Mécanisme européen de stabilité(MES), avec des réformes sérieuses et un soutien financier", a indiqué le président du Conseil européen, Donald Tusk.

L’euro a réagi à cette annonce en remontant à 1,1194 dollar un peu avant 09H.

"L'accord a été laborieux", a reconnu le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

"L'Europe a décidé d'une feuille de route. Maintenant tout dépend de la mise en œuvre", a prévenu le Premier ministre estonien, Taavi Roivas sur son compte Twitter.

Toute la nuit, les chefs d’État et de gouvernement des 19 pays de la zone euro avaient poursuivi leurs laborieuses tractations pour tenter de boucler un compromis permettant de maintenir la Grèce dans l'euro, à l'approche d'une réunion cruciale de la Banque centrale européenne.

Un premier compromis refusé par le gouvernement grec

A l'aube, un compromis s'était pourtant dessiné, soumis aux 19 dirigeants du sommet, sur la liste des exigences réclamées à Athènes pour renouer le dialogue en vue d'un renflouement du pays.

Mais pas suffisant pour le gouvernement grec de gauche radicale cède, alors que des milliers de tweets l'appelaient, sous le hashtag "Thisisacoup" (C'est un coup d’État), à résister aux diktats des créanciers du pays.

La Grèce ne veut pas que le FMI participe au financement d'un nouveau plan d'aide, pourtant exigé par l'Allemagne, et rejette l'idée de créer hors du pays d'un fonds regroupant des actifs grecs à hauteur de 50 milliards d'euros pour garantir les privatisations promises.

Proche d'une solution

Selon un tweet du Premier ministre slovène, le premier à jeter l'éponge lundi matin en raison d'autres obligations, l'écart s'était toutefois réduit, "une seule question" restant à régler.

Si le texte soumis au petit matin ne prévoyait a priori pas de sortie temporaire de la Grèce de la monnaie unique, comme évoqué noir sur blanc dans un projet des ministres des Finances, la menace reprenait corps au fil des heures.

La pression du peuple grec

D'autant que même s'il cèdait, le gouvernement de gauche radicale d'Alexis Tsipras aurait fort à faire pour amadouer son opinion publique, à laquelle il avait promis de rompre avec l'austérité et les diktats des bailleurs de fonds.

Or les réformes à présent réclamées par les créanciers de la Grèce, hautement impopulaires, sont encore plus sévères que celles qui ont été rejetées massivement par 61% des électeurs lors du référendum du 5 juillet.

Pour se garder une marge de manœuvre, Alexis Tsipras a dû se rapprocher de l'opposition, au prix de dissensions internes à son parti Syriza, ce qui laisse craindre une nouvelle crise politique.

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