Sommet européen: la décision finale reportée à dimanche en présence des 28 pays de l'UE

Le sommet tant attendu des chefs d'Etat de la zone euro de ce mardi s'est finalement achevé sans décision majeure. Il faudra donc attendre dimanche, et un nouveau sommet européen d'urgence, afin de savoir si oui ou non la Grèce demeure dans la zone euro.

Fidèle à son image d'homme de médias, c'est le président du Conseil des ministres italien Matteo Renzi qui, le premier, a annoncé la tenue de cette "dernière réunion" qualifié de "décisive". "J’espère que cela sera notre dernière rencontre sur la Grèce. J’espère que nous pourrons trouver une conclusion heureuse".

Différence de taille cependant, ce sommet ne se limitera plus aux seuls membres de la zone euro mais réunira les 28 pays de l'union européenne. Un signe de mauvaise augure pour la Grèce selon certains analystes.

Il est hors de question que la Grèce bénéficie d'une décote de sa dette

Lors de la conférence à la sortie de la réunion, Angela Merkel a quant à elle réaffirmé que les conditions nécessaires pour entamer des discussions sur un nouveau plan d'aide n'étaient pas encore réunies. Elle espérait cependant que le Premier ministre grec Alexis Tsipras soumette d'ici jeudi un plan détaillé et satisfaisant de ses projets de réformes à l'appui d'une nouvelle demande de prêt. "Si ce plan est jugé adéquat et que le gouvernement grec commence à le mettre en oeuvre, un prêt à court terme pourra être alors accordé à la Grèce", a-t-elle précisé. Elle a par ailleurs ajouté qu'il est hors de question que la Grèce bénéficie d'une décote de sa dette, décote illégale au regard des traités européens. Et celle que la plupart des Grecs considèrent comme la principale responsable de leur situation de conclure sur un ambigu "je ne suis pas exagérément optimiste".

Optimiste, le président de la Commission européenne Jean-Claude juncker, ne le semblait pas beaucoup plus. "Je n'exclus aucune hypothèse", a affirmé le Luxembourgeois. "Nous avons préparé un scénario de 'Grexit' à la Commission européenne, tout comme d'aide humanitaire d'ailleurs, mais ce que je préfère c'est le scénario pour maintenir la Grèce dans la zone euro". Juncker a également précisé que la position du Premier ministre grec, Alexis Tsipras, s'était avérée très affaiblie lors des discussions en soirée en raison de la victoire du non au référendum dimanche passé.

De son côté François Hollande, l'un des derniers alliés de Tsipras, a jugé qu'un accord était encore possible entre la Grèce et les autres pays de la zone euro. Il a précisé que les ministres des Finances de la zone euro se réuniraient samedi pour se prononcer sur les réformes proposées par la Grèce en échange d'une aide. Lors de cette conférence de presse, le président français a par ailleurs assuré que "la BCE assurera la liquidité minimale pour la Grèce", jusqu'à dimanche.

Quant au Premier ministre grec, Alexis Tsipras, il s'est dit déterminé mardi à "poursuivre l'effort" pour obtenir un accord avec les créanciers du pays "qui garantisse une sortie de crise" et "mette fin" à la perspective d'un Grexit. "Les dirigeants de la zone euro réunis à Bruxelles ont convenu de lancer 'une procédure rapide' en vue d'un tel accord", a ajouté le dirigeant de gauche radicale, assurant que "tous" ses partenaires réalisent que la crise grecque "est un problème européen qu'il faut résoudre".

Athènes a jusque vendredi 8 h 30, dernier délai, pour fournir un plan détaillé et concret des mesures que la Grèce compte mettre en oeuvre en échange d'un troisième plan d'aide.

Tsipras avait dévoilé ses propositions à Merkel, Hollande et Juncker en aparté

Quelques minutes avant le début de ce sommet de la zone euro, considéré par d'aucuns comme celui de la dernière chance, Alexis Tsipras avait rencontré François Hollande, Angela Merkel et Jean-Claude Juncker afin de faire un premier point de la situation après la réunion de l'Eurogroupe de ce mardi après-midi.

Au cours de cette rencontre préliminaire, le Premier ministre grec a dévoilé une note contenant de nouvelles propositions. Selon cette note, Athènes souhaiterait une solution provisoire pour couvrir ses besoins financiers de juillet et s'engagerait à de nouvelles réformes en échange d'une restructuration de la dette.

Un nouveau coup d'éclat de Tsipras qui, par cette initiative, adresse les propositions grecques tant attendues directement aux chefs d'Etat, sans passer auparavant par un Eurogroupe qu'il considère comme hostile. Les plans d'Athènes pour un nouveau programme d'aide devraient cependant être envoyé dans la nuit aux créanciers de la Grèce. Cette nouvelle proposition comporterait, entre autres, un accord sur le court terme afin de couvrir ses besoins financiers immédiats ainsi qu'un paquet plus consistant incluant notamment un accord sur deux ans avec l'ESM (European Stability Mechanism) en parallèle d'une restructuration de la dette.

Donald Tusk veut une une décision aujourd'hui

Des sources proches du président du Conseil européen Donald Tusk affirment que celui-ci voulait être fixé sur le sort de la Grèce à l'issue de ce sommet. Cela afin de ne plus perdre de temps et de savoir si une reprise sérieuse des pourparlers est possible ou si la zone euro doit commencer se préparer à perdre l'un de ses membres.

Nous allons d'abord écouter ce qu'il a à dire

Les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro, réunis ce mardi soir en sommet à Bruxelles, se retrouvent alors qu'un Eurogroupe, plus tôt dans la journée, "n'a pas livré grand chose de productif ou d'intéressant", selon notre Premier ministre Charles Michel (MR). Le nouveau ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos, n'a en effet pas présenté de nouvelles propositions à ses homologues de la zone euro, repoussant au sommet de ce mardi soir la discussion à ce sujet.

"Le devoir d'un Premier ministre est de prendre ses responsabilités"

"Nous attendons de M. Tsipras des propositions concrètes, précises, convaincantes", a commenté le chef du gouvernement belge. "Nous allons d'abord écouter ce qu'il a à dire. Le devoir d'un Premier ministre est de prendre ses responsabilités. Et pour faire un accord, il faut être deux", a-t-il rappelé, avouant toutefois "une forme de lassitude face à un gouvernement qui repousse sans cesse le moment de prendre ses responsabilités".

Sans réaction de la part des Grecs, il pourrait y avoir un risque de contamination à d'autres pays européens, a-t-il mis en garde. "S'il n'y a rien sur la table, c'est parce que le Premier ministre grec ne sait pas prendre de décision pour satisfaire la volonté de son peuple de rester dans la zone euro", a-t-il encore commenté avant de prendre part à ce sommet exceptionnel. 

"La seule solution est d'approfondir les réformes et de prendre des mesures difficiles"

A son arrivée, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait aussi fait valoir que la solution pour une sortie de crise dépendait du Premier ministre grec Alexis Tsipras. Ce dernier ne s'est en revanche pas exprimé à son arrivée au rond-point Schuman.

Mme Merkel avait rappelé son attachement tant à la solidarité qu'aux réformes à son arrivée au sommet. Elle a admis que dans la foulée de l'expiration du second programme d'aide pour la Grèce mardi, et du non grec au référendum dimanche, il n'y avait pas encore de cadre de négociation pour un troisième programme d'aide au titre du Mécanisme européen de stabilité (ESM). La chancelière a encore ajouté qu'il ne s'agit plus de semaines mais de jour désormais pour trouver une issue.

François Hollande mettait l'accent sur la rapidité, "dans la semaine des décisions doivent être prises", ainsi que sur la solidarité et la responsabilité, "chacun doit faire son travail", a indiqué le président français. "L'objectif est que la Grèce reste dans la zone euro mais elle doit proposer des réformes crédibles", a-t-il ajouté.

M. Hollande avait confirmé que lors de la réunion de l'Eurogroupe préfigurant le sommet de la zone euro, les autorités grecques avaient "énoncé" des propositions de réformes, mais que celles-ci devaient encore être "complétées".

A son arrivée, le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, s'était dit aussi très "sombre" à propos de la possibilité que les autorités grecques présentent rapidement de nouvelles propositions de réformes. "La seule solution est d'approfondir les réformes et de prendre des mesures difficiles", a-t-il ajouté.

Avec les encouragements d'Obama

Plus tôt dans l'après-midi, Barack Obama avait appelé le Premier ministre grec afin de lui souhaiter une issue heureuse aux négociations. Le président américain avait fait de même avec Angela Merkel.

"Nous continuons à encourager l'ensemble des parties à participer de manière constructive aux discussions", a déclaré Josh Earnest, porte-parole de l'exécutif américain, appelant une nouvelle fois à un compromis.

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