A la Chambre, la majorité se déchire suite à une bourde d'Hervé Jamar

Ce jeudi, lors de la séance plénière donc, le président de l'assemblée, Siegfried Bracke (N-VA), avait déjà fait suspendre les travaux, l'opposition lui reprochant à la reprise des débats jeudi soir d'avoir été partial, ce qui est évidemment incompatible avec son rôle de président.

L'opposition a alors demandé de ne pas donner suite à la volonté du gouvernement d'exiger l'urgence sur le vote de la réforme des pensions. Un accord semblait s'être dessiné au sein de la majorité pour accéder à la demande de l'opposition. Mais à la surprise de nombreux députés, le ministre du Budget, Hervé Jamar (MR), mandaté pour représenter le gouvernement fédéral, a estimé que cette urgence se justifiait et l'a maintenue. L'opposition a alors quitté l'hémicycle, en signe de protestation, à l'exception du député du Parti Populaire Aldo Carcaci.

Seuls 75 des 85 membres de la majorité présents pour un vote crucial

La majorité a cependant continué une série de votes de procédures sur l'urgence de plusieurs textes avant que le président Bracke ne finisse par se rendre compte que seuls 75 députés des 150 parlementaires votaient en faveur des propositions. Or, il en faut évidemment 76 sur les 150 possibles pour constituer une majorité.

Dans ce contexte ubuesque, le président n'a eu d'autre choix que de suspendre la séance et de renvoyer l'ensemble des textes à voter à la séance de la semaine prochaine. Contrecarrant de facto la volonté du gouvernement Michel de voter l'urgence sur le dossier des pensions.

Un épisode qui va immanquablement laisser des traces au sein de la majorité. On relèvera par exemple que le chef de groupe CD&V Servais Verherstraeten et le député Open Vld Dirk Van Mechelen, pourtant tous deux issus des rangs de la majorité, ont hurlé de colère sur le ministre Hervé Jamar. Mais si les doigts accusateurs se pointent vers le ministre du Budget, notons qu'une dizaine de députés de la majorité étaient absents alors que devait se voter un ajustement budgétaire de la plus haute importance. Parmi les députés de la majorité absents se trouvait notamment Bart De Wever, pourtant président de la N-VA, le plus important parti de la coalition suédoise. Patrick Dewael, chef de groupe Open Vld, était également absent.

L'incident a déjà fait réagir dans les rangs de l'opposition également, notamment sur les réseaux sociaux où la députée cdH Catherine Fonck, le député écolo Jean-Marc Nollet et l'ancien conseiller PS Jérémie Tojerow ont signalé l’événement. Notons l'ironie de ce dernier qui reprend à son compte l'expression de Charles Michel à propos du dossier grec.

Dans un communiqué, le ministre du Budget, Hervé Jamar, réagit: "Le Ministre disposait, devant le Parlement, d’un mandat clair du gouvernement pour demander l’urgence sur une série de dossiers, explique-t-il. Les quatre partis de la majorité (N-VA, MR, CD&V, Open VLD) sont (...) solidaires de cette décision".

"Il n’a jamais été question au sein de la majorité de retirer l’urgence sur le dossier des Pensions. L’urgence sur la réforme des pensions se justifie notamment par le souci de mettre fin à l’incertitude juridique; d’apporter la clarté aux citoyens sur les réformes; de permettre aux institutions de pension de disposer du temps nécessaire pour pouvoir adapter leurs programmes; d’entamer certaines réflexions, notamment sur la pénibilité du travail", ajoute-t-il.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK