Minimum sauvage

Minimum sauvage
Minimum sauvage - © Tous droits réservés

Le Parlement wallon s'est engagé dans un débat visant à sanctionner les "grèves sauvages" alors que le gouvernement fédéral espère toujours imposer un service minimum à la SNCB, les jours de grève. Un vœux pieux?

C’est un des refrains politiques préférés du petit monde politique de chez nous : le service minimum dans les services publics en cas de grève.

Aucune décision générale n’a jamais pu être prise mais cette question revient comme marqueur politique, surtout quand un parti doit marquer sa différence par rapport à un autre et souvent dans ce cas, le service rendu au citoyen ou la faisabilité même deviennent secondaire.

Idéologique pas pratique

Le service minimum fait bien entendu partie du programme fédéral, son corollaire, la sanction des grèves " sauvages ", divise la majorité wallonne.

Au-delà de répondre à un problème pratique, il y a aussi clairement un positionnement politique.

Au niveau fédéral, la coalition doit montrer la rupture avec les " années PS " et l’application d’un service minimum reste un symbole fort et vise singulièrement les chemins de fer : Le gouvernement demandera aux deux entreprises publiques ferroviaires de formuler, en concertation avec les partenaires sociaux, une proposition visant à prévoir un service garanti encas de grèves. Si aucun accord n’a été troudans un délai raisonnable, le gouvernement prendra lui-même une initiative législative, avance prudemment la déclaration gouvernementale. C’est qu’on estime généralement que pour assurer le service minimum à la SNCB, il faudrait réquisitionner 75% du personnel et même Jo Cornu, l’un des patrons de l’entreprise ferroviaire, doutait de la faisabilité. En effet, quels trains supprimer, faire rouler, sur quelles lignes, etc...

De plus, un service public n’est pas l’autre. Quand Belgocontrol ferme l’espace aérien pour une grève des contrôleurs, le service minimum se limite aux avions en détresse, comme dans les écoles à l’accueil des élèves ou aux urgences dans les hôpitaux.

La RTBF est sans doute une des rares entreprises publiques à mettre en œuvre un réel service minimum… mais il est plus facile de supprimer une émission que des trains !

Confrontation

Au Parlement wallon, faute de s’entendre sur un service minimum au TEC, le CDH a déplacé le débat sur la sanction des grèves " sauvages ", les " grèves émotionnelles " si chères à la CGSP des bus wallons. Le CDH demande des sanctions financières sévères contre ces grévistes sauf cas de force majeure (lesquels ?).

Le PS, gêné aux entournures, avec le PTB qui lui mordille son mollet gauche, a préféré botter en touche et demander des auditions.

La proposition CDH a pourtant reçu le soutien d’une majorité ; avec le MR et le PP, 39 députés (sur 75) pourraient soutenir ce qui n’est qu’une résolution demandant au gouvernement de légiférer en ce sens. Aucune chance qu’il y ait un consensus dans l’exécutif wallon pour aller dans ce sens et les démocrates-humanistes rangeront leur éphémère témérité.

 

Philippe WALKOWIAK

 

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK