Grèves sauvages: la majorité wallonne joue à se faire peur

Le cdH souhaite sanctionner les auteurs de grève sauvage
Le cdH souhaite sanctionner les auteurs de grève sauvage - © VIRGINIE LEFOUR - BELGA

Délicat débat ce lundi au Parlement wallon. Le cdH déposait une proposition de résolution pour "responsabiliser les auteurs de grèves sauvages dans les TEC". Entendez: sanctionner leurs auteurs. Délicat débat parce que le PS n’est pas sur la même longueur d’ondes que son partenaire de gouvernement. Comment la majorité allait-elle s’en tirer ? C’était le principal enjeu.

Cette proposition de résolution, c’était, de deux choses, l’une : soit jouer à se faire peur entre amis, soit, pour le cdH, poser sa différence, se "dé-scotcher" du PS auquel on le dit parfois très collé.
Si ce n’est qu’ici il y avait bien un risque : voir le cdH trouver des alliés… dans l’opposition. D’où, les formulations hésitantes du chef de groupe pour déposer sa proposition. Dimitri Fourny : La volonté est effectivement de pouvoir, euh, contrôler au mieux la possibilité ou l’impossibilité… hum (respiration) de voir encore fleurir ou naître ci et là des grèves sauvages…

Éviter les mots qui braquent

Il est fort probable qu’entre alliés, on avait dû discuter avant la séance. Le débat s’est donc pratiqué à fleuret moucheté. Le chef de groupe PS, Christophe Collignon, tout aussi prudent que son collègue, observe la réaction des bancs d'à côté et avance en pesant chaque mot : Nous sommes dans… dans une thématique qui n’est pas facile. Il y a un principe qui régit nos démocraties, c’est évidemment le droit de grève (…), dit-il avant de nuancer : Deuxième élément : chacun et chacune d’entre nous a déjà pesté contre un bus qui ne passe pas…

Majorité alternative


Dans l’opposition, il ne faisait guère de doute que le MR saisirait la balle au bond, se proposant d’unir ses voix à celles du cdH pour une majorité alternative et un brin délétère. Un bon tour au Gouvernement wallon que Valérie De Bue s’apprêtait à signer, constatant en regardant le PS : On sent quand même assez facilement votre malaise par rapport à cette proposition de résolution qui a été déposée par une partie seulement de la majorité. Et je me demandais tout au long de votre intéressante intervention, sourit-elle, comment vous alliez accoucher. Et finalement, c’est une demande d’audition que VOUS sollicitez.

C’est effectivement la manière de s’en sortir. La proposition du cdH est remise à plus tard. Et on auditionnera les représentants de la SNCB pour connaître leur propre solution pour éviter les grèves sauvages, voire sanctionner ceux qui les lancent.
Ces auditions – c’est le clou du dispositif – auront lieu lors de la dernière séance du Parlement wallon. C'est-à-dire juste avant les vacances… le temps d’oublier un peu, d'éviter les ruptures, d’émousser les antagonismes.

Renforcer le dispositif

A noter que des règles existent déjà dans le contrat de service public qui lie les TEC à la Région. Ils doivent verser des pénalités si la continuité du service n’est pas assurée. Par ailleurs, dans ces cas-là, les usagers peuvent aussi réclamer une indemnité. Ce qu’ils font, il est vrai, assez rarement. Ce que le cdH souhaite en plus, ce sont des sanctions individuelles contre les agents qui entament une grève au pied levé, autrement dit, sans même avoir déposé de préavis.


@Carl Defoy

 

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