Grève du 22 : un succès au goût de défaite - La chronique de Bertrand Henne

D’abord qu’elle n’influence que très peu le cours des choses. A la fin de la journée de grève la majorité a voté le saut d’index et la réforme des pensions du secteur public. Les deux textes qui ont justement conduit la CGSP dans la rue. Le symbole est donc clair, le gouvernement ne cédera pas aux syndicats, et encore moins au seul syndicat socialiste…

Forte mobilisation, forte tension

Ensuite, c’est que ce mouvement d’un point de vue de la mobilisation est un succès. Singulièrement à la SNCB, la Stib, les tec ou à la poste, moins dans l’enseignement par contre. Reste quand même que cela révèle une inquiétude de nombreux agents des services publics quant à leur avenir.

Troisième enseignement, cette grève a ravivé les tensions. Pas tellement entre le gouvernement fédéral et les syndicats, c’était déjà largement entamé depuis des mois (surtout depuis les sorties anti-syndicales de Bart de Wever).

Par contre donc, la tension est en train de remonter entre syndicats et organisations patronales. Jusqu’ici la FEB, l’union wallonne des entreprises, le Voka était resté assez mesuré. Pas qu’ils approuvaient les mouvements, mais ici la condamnation a été plus rude on retrouve notamment à la FEB des termes comme " irresponsable ", " inacceptable " et on appelle à l’instauration d’un service minimum généralisé.

FGTB-CSC rixe publique

Enfin dernière conséquence majeure, hier le front commun s’est une nouvelle fois fragilisé. Ce n’est pas la première fois, ce ne sera pas la dernière et l’intérêt des deux grands syndicats fini toujours par ressouder les liens, d’éviter la dispersion. Mais ici il y a une dimension supplémentaire qui est une rixe publique. Ce cavalier seul de la CGSP la semaine du congrès de la CSC est très mal vécu au syndicat chrétien. Marc Leemans le président de la CSC, souvent très mesuré, est sorti de ses gonds et a accusé la FGTB de manquer de respect, d’imposer ses vues, d’envoyer ses troupes au massacre comme un général Napoléonien. Réplique de la FGTB, chez nous ce sont les troupes qui ne décident pas le général ! Marc Goblet a carrément laissé entendre que la FGTB était la seule à défendre les travailleurs. Oui la grève d’hier a donc affaiblit le front commun.

Et pourtant on reparle d'une grève générale le 12 mai

Cette date circule en effet, tous secteurs et tous syndicats confondus cette fois-ci. Les discussions seront donc vives pour y arriver. Même si encore une fois, le front commun tient sur une analyse toute simple : la division est le plus beau cadeau à faire aux adversaires des syndicats et en premier lieu à la NVa.

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