Indexation à l'Index

Un dernier bras de fer entre majorité et opposition sur fond de saut d’index qui s’apparente essentiellement à un dernier baroud d’honneur pour PS, Ecolo ou PTB.

Faire vite passer la pilule

Les syndicats restent mobilisés contre cette non-indexation des salaires et des allocations sociales. C’est même le seul sujet où fondamentalement les trois syndicats n’ont pas connu de divergences profondes. La CSC l’a répété, elle reste opposée à ce saut d’index même si elle a avalisé les accords sur les prépensions.

Au CD&V, on reste mal à l’aise et Kris Peeters n’a pas envie de faire durer le supplice. Il y a plus généralement, une "fenêtre d’opportunité" pour le gouvernement fédéral : il a d’une part engrangé des accords sociaux qui légitimisent quelque peu son action, l’agitation sociale n’a pas encore repris et surtout de nouvelles tensions internes se préfigurent autour des nouvelles économies à réaliser dans le budget de l’État. Autant avoir derrière soi le dossier délicat de la non-indexation des salaires avant d’entamer d’autres délicates négociations.

Urgent ?

Le gouvernement fédéral a demandé l’urgence, le principe du saut d’index était pourtant acté dès octobre et la déclaration gouvernementale. Vu l’atonie de l’inflation, on s’est vite rendu compte qu’il n’y aurait pas d’indexation avant un petit temps. Le gouvernement plaidait l’urgence de soutenir via ce saut d’index les entreprises; l’argument perdait de sa pertinence d’autant que dans le même temps, de nombreux économistes et même certains chefs d’entreprises doutaient des bienfaits de la mesure.

C’était apparemment sans compter avec la FEB, et sa présidente Michèle Sioen, qui dirige l’entreprise flandrienne du même nom, active dans le textile, secteur dont la convention collective prévoit une indexation… le mois prochain ! Il convenait donc de se presser d’autant que cela permettait également à la N-VA, qui a fait pas mal de concessions sur les prépensions ou les fins de carrière, d’exhiber un de ses trophées de l’accord de gouvernement (pour rappel, durant la campagne électorale, le MR avait rappelé son opposition au saut d’index).

L’opposition tentera bien de ralentir le processus d’adoption du projet de loi, avec notamment l’inédite seconde lecture à la Chambre, procédure née de la sixième réforme de l’État et de la réduction des prérogatives du Sénat.

La contestation pourrait enfin se déplacer sur un autre terrain : les allocations familiales ne seront pas indexées, comme toutes les allocations sociales, or le gouvernement wallon a rappelé que ces allocations familiales ne sont plus du ressort du fédéral.

Un autre bras-de-fer ?

Philippe Walkowiak

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