Syrie: le choc des chiffres après quatre ans de guerre

Les chiffres percutants de quatre ans de guerre en Syrie
Les chiffres percutants de quatre ans de guerre en Syrie - © BELGAIMAGE

Il y a quatre ans débutait en Syrie un conflit meurtrier, qui a largement débordé dans la région. 210 000 morts, des millions de déplacés, un pays en ruines. Découvrez les chiffres effrayants de cette guerre dévastatrice.

Alors que la guerre en Syrie entre dans sa cinquième année, l'insurrection contre un régime qui s'accroche au pouvoir et les souffrances de la population sont éclipsées par les atrocités commises par les jihadistes du groupe Etat islamique.

Le 15 mars 2011 débutait, en plein Printemps arabe, le mouvement de contestation pour des changements démocratiques dans un pays tenu d'une main de fer par Bachar al-Assad.

Quatre ans plus tard, la Syrie n'entrevoit pas la fin d'un conflit dévastateur qui a fait plus de 210 000 morts et poussé à la fuite plus de 10 millions de Syriens.

Le pays tout entier s'est écroulé, l'économie et les infrastructures ont été en bonne partie détruites, la faim est devenue le lot quotidien de nombreux Syriens dont plus de 12 millions ont besoin d'une aide humanitaire.

Opposant au départ les rebelles au régime, le conflit s'est fortement complexifié avec la montée en puissance des groupes djihadistes, essentiellement de l'EI à partir de 2013.

Ce contexte a profité au président Assad, désormais considéré en Occident comme un partenaire potentiel dans la lutte contre l'extrémisme.

En 2013, il a réussi à éviter in extremis une intervention militaire étrangère, en consentant à un accord porté par Washington et Moscou sur la suppression des stocks d'armes chimiques, après la mort de 1400 personnes dans une attaque d'une zone rebelle près de Damas.

Ces derniers mois, les voix appelant au départ de Bachar al-Assad se sont faites moins fortes. Et l'envoyé spécial de l'ONU, Staffan de Mistura, a été jusqu'à déclarer en février qu'il faisait "partie de la solution".

L'Armée syrienne libre, un temps ossature de la rébellion appuyée par l'Occident et qui avait enregistré des victoires contre le régime, est désormais réduite à une alliance de petits groupes sans moyens.
 

 

Une guerre dévastatrice

 

Une immense crise humanitaire

 

14 millions d'enfants en souffrance

D'après des chiffres publiés par l'Unicef, 14 millions d'enfants sont affectés par la guerre en Syrie. Près de 5,6 millions d'enfants qui se trouvent à l'intérieur de la Syrie vivent au rythme du conflit qui entre dans sa cinquième année. Parmi eux, deux millions d'enfants se trouvent dans les régions coupées de l'aide humanitaire. Environ 2,6 millions d'enfants syriens ne sont toujours pas scolarisés, pointe l'Unicef.

Près de 2 millions d'enfants syriens vivent également en tant que réfugiés au Liban, en Turquie, en Jordanie et dans d'autres pays. Ce chiffre s'ajoute aux 3,6 millions d'enfants issus de communautés vulnérables accueillant des réfugiés et qui souffrent à leur tour en raison des pressions mettant à rude épreuve des services sociaux comme l'éducation et la santé.

Parallèlement, la crise que traverse l'Irak, a obligé plus de 2,8 millions d'enfants à quitter leurs foyers et beaucoup se sont retrouvés pris au piège dans les zones contrôlées par des groupes armés, ajoute l'organisation.

L'Unicef demande d'urgence de nouveaux investissements à plus long terme pour le rattrapage scolaire, la formation professionnelle, mais aussi pour des activités de loisirs pour les adolescents. L'organisation fait aussi appel aux financements pour offrir l'aide des "services sociaux aux enfants vulnérables - notamment les rescapés des violences - capables d'assurer une prise en charge et une aide psychosociale".

L'ONG appelle également au "renforcement des systèmes d'éducation et de santé, ainsi que de l'appui nécessaire pour disposer de moyens de subsistance dans les communautés d'accueil afin que la totalité des enfants touchés d'une manière ou d'une autre par le conflit puissent être aidés".

 

J.C., avec AFP et le rapport de l'Unicef

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK