Baromètre: un homme politique peut-il faire du business? Méfiance des Belges

Baromètre politique : un homme politique peut-il faire du business ?
4 images
Baromètre politique : un homme politique peut-il faire du business ? - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Les élus sont nombreux à cumuler plusieurs mandats durant l’exercice de leur fonction. Certains mandataires publics sont avocats, notaires, médecins ou chefs d’entreprise. Les différentes affaires qui rythment l’actualité (De Decker, Kubla, Mathot, Tecteo) ont relancé le débat : faut-il mieux encadrer ces cumuls ? Notre baromètre RTBF-La Libre-Dedicated vous a sondé.

Serge Kubla a effectué des missions de consultance pour la société Duferco au Congo. Ces missions étaient rémunérées via une société maltaise, dont Serge Kubla est actionnaire. Il n’a d’ailleurs pas mentionné ces activités dans sa déclaration de mandats. Nous révélions, dans un récent article, les sommes perçues par l’ex-ministre wallon de l’Economie. Notre sondage RTBF-La Libre-Dedicated indique clairement que les Belges désapprouvent qu’un homme politique effectue des missions de consultance grâce à son "réseau". A la question, "Estimez-vous souhaitable que des personnalités politiques haut placées utilisent leur carnet d’adresses pour faciliter le règlement d’accords entre entreprises ou d’accords avec la justice belge ? ", 63% des sondés estiment la pratique peu souhaitable, voire absolument pas souhaitable.

L’ex-sénateur Armand De Decker se retrouve lui aussi éclaboussé par une affaire judiciaire, le "Kazakhgate". Armand De Decker, également avocat, aurait perçu 500 000 euros d’honoraires dans un dossier sur lequel se penche actuellement la justice belge. Face à ces révélations, le bâtonnier du barreau de Bruxelles a d’ailleurs décidé de procéder à des "investigations". Un homme ou une femme qui exerce une fonction publique peut-il (elle) également exercer une activité professionnelle ? Les réponses à cette question diffèrent selon la fonction qu’exerce le mandataire public. Dans le sondage RTBF-La Libre-Dedicated, 41% des Belges estiment que c’est "souhaitable" s’il s’agit d’un(e) élu(e) local(e). Le jugement est beaucoup plus sévère si c’est un parlementaire ou un ministre en exercice qui cumule ses activités.

Certaines affaires trainent depuis plusieurs années. C’est le cas de l’ "affaire Intradel" qui concerne Alain Mathot, bourgmestre de Seraing, ou celle de Tecteo qui concerne le bourgmestre d’Ans, Stéphane Moreau. Ce climat politico-judiciare a un impact sur l’opinion publique. A l’affirmation, "Pensez-vous que l’exercice par les politiques de leur métier en marge de leurs activités politiques…", 52% des sondés estiment que cet exercice "est régulièrement cause de corruption et de conflit d’intérêt". Plus d’un Belge sur deux.

RTBF