Charlie Hebdo: la chasse à l'homme continue, 9 mandats d'arrêt

En fin de journée ce jeudi, l'étau semblait se resserrer sur les deux suspects. Les fouilles se concentraient dans les localités de Longpont et de Corcy. Là où plusieurs sources confirmaient que les suspects auraient abandonné leur véhicule aux abords de la forêt de Longpont.

Mais vers 22h, les unités d'élite de la police et de la gendarmerie nationales (Raid et GIPN) ont quitté Longpont.

A l'heure d'écrire ces lignes, aucune information n'avait été donnée pour expliquer ce départ. Selon nos informations, il semble que les forces de l'ordre se dirigeaient à nouveau vers Crépy-en-Valois pour poursuivre leurs recherches. Les deux suspects courraient toujours dans la nature.

5 images
Photo prise par notre envoyé spécial, à Longpont, ce jeudi soir © Q. Warlop - RTBF

Plus tôt dans la journée, ces unités spéciales s'étaient déployées le long de la RN2 entre Villers-Cotterêts et Soisson (Aisne).

Cette route a été empruntée par deux suspects, les frères Chérif et Saïd Kouachi, 32 et 34 ans, qualifié par Didier François, spécialiste des questions de défense d'Europe 1, de personnes "très connues des services spécialisés", "loin du profil des jeunes paumés recrutés en quelques clics sur internet".

Un hélicoptère et un véhicule d'assaut du GIGN étaient présents sur place. Le gouvernement avait alors annoncé qu'après l'Ile-de-France, la région Picardie est à son tour placée en "alerte attentat" du plan Vigipirate.

France 3 Picardie qui citait la préfecture de l'Oise, annonçait même que les tueurs présumés, lourdement armés, se seraient retranchés dans une habitation de Crépy-en-Valois. Une information qui n'a pas été confirmée par ailleurs.

Les forces d'intervention ont ratissé un large périmètre dans la région (sur une vingtaine de km2). Des habitations ont été inspectées. Les journalistes locaux sur place ont témoigné, comme ci-dessous, près d'une habitation à Corcy:

Au micro de BFM, l'ancien avocat de Chérif Kouachi lui a conseillé de se rendre.

Les fuyards auraient braqué jeudi matin une station-service Avia près de Villers-Cotterêts : le gérant aurait "formellement reconnu les deux hommes soupçonnés d'avoir participé à l'attentat de Charlie Hebdo".

Plusieurs interpellations

Outre les deux hommes recherchés et le jeune arrêté à Charleville Mézières, d'autres personnes ont été interpellées et placées sous mandat d'arrêt. Apparemment des parents des deux principaux suspects. Le ministre français de l'intérieur, Bernard Cazeneuve, l'a confirmé ce jeudi soir.

Les policiers ont trouvé un chargeur vide de Kalachnikov, un drapeau jihadiste, un bandeau noir, un gyrophare et dix cocktails Molotov dans une des voitures laissées derrière eux.

L'appartement de Saïd Kouachi a été perquisitionné à Reims la nuit dernière.

Chérif Kouachi a déjà séjourné en prison en 2008 pour avoir participé à une filière d'envoi de combattants en Irak.

La police française a publié les photos de ces deux frères, Chérif et Saïd Kouachi et lancé un appel à témoins. Ces personnes sont "susceptibles d'être armées et dangereuses", a prévenu la préfecture de police de Paris, précisant qu'ils "font l'objet de mandats de recherche".

Un lycéen suspect à Charleville

Le troisième suspect, Mourad Hamid, serait le beau-frère de Chérif Kouachi. Se sachant recherché, il s'est présenté spontanément mercredi vers 23h à la police de Charleville-Mézières dans le département des Ardennes.

Âgé de 18 ans selon Europe 1, il est soupçonné d'avoir aidé les deux tireurs en jouant le rôle de "logisticien qui aurait pu faire soit des repérages, soit en aidant les assaillants dans leur fuite", analyse Didier François.

Il était inscrit en terminale dans un lycée de Reims, selon Metronews. Certains témoignages de condisciples attestent de sa présence mercredi en classe.

Des milliers de personnes à nouveau rassemblées à travers l'Europe

Des milliers de personnes se sont à nouveau réunies jeudi à Paris, mais aussi dans d'autres villes d'Europe, de Lisbonne à Moscou, pour dénoncer l'attaque qui a fait douze morts la veille au siège du journal satirique Charlie Hebdo dans la capitale française.

Des manifestants brandissaient des pancartes proclamant "Je suis Charlie" ou encore des stylos, en symbole de la liberté de la presse, tandis que des jeunes escaladaient le piédestal de la statue au milieu de la place, scandant "On n'a pas peur !", "liberté d'expression !" ou encore "Vive la République !".

Des milliers de personnes se sont aussi rassemblées notamment aux Pays-Bas, à La Haye et à Rotterdam, brandissant des pancartes clamant "Non à l'extrémisme".

"Ce soir, je suis parisien et je suis Charlie, ce soir, nous sommes parisiens et nous sommes tous Charlie", a déclaré le maire de Rotterdam, Ahmed Aboutaleb, s'exprimant en français.

Plusieurs milliers de personnes se sont également rassemblées jeudi devant l'ambassade de France à Rome, un millier à Athènes, 500 à Genève et à Lisbonne, 400 à Francfort (Allemagne) et quelques centaines à Prague, Budapest, Belgrade, Zagreb.

De nombreux Russes ont défilé devant l'ambassade de France à Moscou, où une centaine de personnes s'étaient rassemblées, pour déposer des fleurs.

Un rassemblement était également prévu à Londres dans la soirée.

Une centaine de journalistes se sont aussi réunis devant la représentation française à Lomé, au Togo. 

RTBF avec agences

A noter que la RTBF diffusera ce jeudi soir, à 22h20 sur La Une, un documentaire tourné dans les coulisses de l’hebdomadaire. " Charlie Hebdo, une dernière bouteille à la mer ", réalisé en 2006 par Lionel Escama, montre le rôle unique joué par le journal dans le paysage politique et médiatique français.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK