Budget wallon: le MR accable André Antoine, Christophe Lacroix le défend

Budget wallon: Le MR accable André Antoine, Christophe Lacroix le défend
Budget wallon: Le MR accable André Antoine, Christophe Lacroix le défend - © THIERRY ROGE - BELGA

L'opposition MR a accablé le précédent ministre wallon du Budget André Antoine à l'occasion du débat sur l'ajustement du budget 2014, lundi en commission du parlement wallon, réclamant en vain une audition de celui qui préside désormais l'assemblée régionale.

"On nous a baladés pendant toute l'année avec des chiffres très écartés de la réalité", a affirmé le député Jean-Luc Crucke (MR).

"Sur une masse budgétaire de 7 milliards d'euros, on est venu nous vanter un boni de près de 90 millions d'euros (lors de la confection du budget 2014, ndlr) et aujourd'hui, après l'échéance électorale, on se retrouve avec moins 500 millions", a-t-il résumé.

L'ajustement budgétaire que le gouvernement wallon a opéré cet automne a en effet dû prendre en compte les requalifications de l'Institut des comptes nationaux (ICN) nécessitées par la modification des règles comptables de l'Union européenne (427 millions) ainsi qu'une baisse des recettes, qui ont considérablement grevé son résultat.

Pour le MR wallon, André Antoine (cdH) aurait dû anticiper le changement de règles comptables et présenter au parlement des chiffres plus en adéquation avec ces dernières.

"Le ministre Antoine doit présenter des excuses, mettre entre parenthèses sa fonction de président pour venir s'expliquer devant cette commission", a réclamé M. Crucke.

Prenant la défense de l'absent, le ministre du Budget Christophe Lacroix (PS) a souligné que son prédécesseur avait "connu l'enfer" avec ces changements méthodologiques venus de l'extérieur.

André Antoine ne pouvait s'appuyer à l'automne 2013 sur aucune donnée permettant d'anticiper les modifications de mars et septembre 2014, et a toujours visé l'intérêt général, a-t-il assuré.

"Vous défendez l'impossible, car l'explication du déficit ne réside pas que dans le changement de normes comptables", a répliqué Jean-Luc Crucke, pointant du doigt une sous-estimation des dépenses. "On a menti à l'électeur avant l'élection, sans cela le MR n'aurait pas gagné 6 sièges mais 12", a-t-il ajouté.

Joëlle Kapompolé (PS) a rappelé que les difficultés nées des changements comptables n'étaient pas propres à la Wallonie puisqu'elles affectent aussi fortement la Flandre.

Dimitri Fourny (cdH) a pour sa part vu dans la sortie de Jean-Luc Crucke de la "démagogie" et de l'"affabulation". Il a rappelé qu'André Antoine, dans sa nouvelle fonction de président d'assemblée, cherchait aujourd'hui à convaincre les autres Etats membres d'assouplir les règles.

La réduction de la déductibilité des titres-services (et le reste) défendue par Christophe Lacroix (PS)

Cette réduction de deux tiers de la déductibilité fiscale pour les utilisateurs de titres-services ne touchera pas les 89% de contribuables wallons qui ne bénéficient pas du système, a-t-il relevé.

Quant à l'impact pour l'emploi sur le secteur, le prix remboursé à l'employeur - qui passe de 73% non indexé à 100% indexé - doit être vu comme une compensation pour garantir des emplois pérennes, a-t-il ajouté. Au fil du temps, cette mesure dégagera 38 millions d'euros pour le secteur, selon lui.

Il rappelle également que le prix du titre-service (9 euros) sera maintenu pendant 5 ans, un critère "qui a beaucoup plus d'impact que la déductibilité fiscale" en matière de lutte contre le travail au noir.

Christophe Lacroix (PS) a également annoncé son ambition de modifier en 2016 la redevance radio-télé. L'objectif n'est pas budgétaire - la réforme sera neutre à cet égard - mais le système sera "plus juste", c'est-à-dire qu'il sera "fonction de la capacité contributive de chacun".

A ses yeux, le gouvernement wallon (PS-cdH) touche le moins possible à la poche du citoyen car il ne prend pas de mesures linéaires, au contraire du gouvernement fédéral.

RTBF avec Belga

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