Yvan Mayeur: pourquoi évaluer à Anvers la manifestation de Bruxelles?

Yvan Mayeur: "C'est invraisemblable d'évaluer ce qui s'est passé chez moi sans nous"
Yvan Mayeur: "C'est invraisemblable d'évaluer ce qui s'est passé chez moi sans nous" - © Tous droits réservés

Le bourgmestre de Bruxelles était L'Acteur en Direct de Matin Première ce vendredi. Interrogé sur les reproches qui lui sont fait par rapport à la manifestation du 6 novembre, Yvan Mayeur (PS) a déclaré avoir "tiré les enseignements de ce qui s'est passé". Par ailleurs, il trouve "invraisemblable" que le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon (N-VA), n'ai pas encore pris contact avec lui. Pire, il va "faire l’évaluation de la manifestation à Bruxelles, pas avec nous, avec Anvers !".

Pour le bourgmestre socialiste, "on sait qu'il y a un certain nombre de choses qui ont fonctionné", "la manifestation a quand même pu se dérouler normalement", tient-il à rappeler, ce n'est qu'à la fin que cela a dégénéré.

En cause, "200 casseurs déterminés". "Des gens qui sont venus pour casser du policier, casser du Bruxellois, pour détourner la manifestation de son intention sociale. Cela n'a rien à voir avec une revendication sociale ce qui s'est passé".

Parallèlement, il estime "qu'un certain nombre de blessés aurait pu être évité si l'équipement avait été différent". En d'autres termes, "les moyens de la police de Bruxelles ne sont pas à la hauteur de ce que nous avons rencontré sur le terrain".

Yvan Mayeur rejette d'ailleurs toutes les accusations selon lesquelles il aurait refusé d'envoyer des renforts : "Je n'ai pas donné d'ordre négatif qui consistait à ne pas aller secourir des gens. C'est immonde de penser ça évidemment !".

"Bart de Wever n'a pas pris ses responsabilités au départ"

Pour lui, le problème est ailleurs : "Bart de Wever n'a pas pris ses responsabilités au départ". Il aurait dû empêcher ces dockers de venir. "La loi football à l'égard des hooligans est très claire, on est dans la même situation. C'est au départ qu'il faut faire en sorte que ces gens ne viennent pas à Bruxelles".

Au final, il a donc fallu "gérer une situation qui est ingérable" car "nous l'avons prise très au sérieux (cette manifestation, ndlr) et nous avons dit, dès le départ, que nous craignions la situation des dockers qui étaient déjà venus au mois d'avril, dans une manifestation précédente, créer beaucoup de problèmes à Bruxelles, c'était au rond-point Schuman. Donc nous avons dit ça aux organisations syndicales, nous l'avons dit entre nous et avec les forces de police. Mais un moment donné, quand ces gens peuvent venir à Bruxelles, alors qu'on sait qu'à Anvers ils ont déjà commis des dégradations...".

"Evaluer ce qui s'est passé chez moi sans nous"

A la question de savoir s'il a eu des contacts avec le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, Yvan Mayeur se met à rire : "Je ris, mais ce n'est pas drôle. C'est tout de même invraisemblable que, dans ce pays, ça n'arriverait évidemment pas ailleurs mais chez nous c'est comme ça, le ministre de l'Intérieur, huit jours après, n'a toujours pas pris contact avec moi, alors qu'il pense que la situation est tout de même sérieuse. Mais si elle est sérieuse, pourquoi n’est-il pas venu ? Je trouve que c'est quand même assez surprenant et hier nous étions stupéfaits, les policiers de Bruxelles et moi, de l'entendre dire qu'il allait faire l’évaluation de la manifestation à Bruxelles, pas avec nous, avec Anvers !".

"Il l'a dit à la Chambre. 'Pour éviter ce qui s'est passé à Bruxelles, je vais évaluer la manifestation de Bruxelles avec les forces locales de police d'Anvers parce qu'il y a une grosse manifestation prévue à Anvers. Tout cela est faux ! Il n'y a pas de manifestation prévue à Anvers, il y a des piquets de grève, mais pas de manifestation et je trouve invraisemblable que l'on annonce que l'on va évaluer ce qui s'est passé chez moi sans nous !".

Pour Yvan Mayeur, "c'est très clair" que Jan Jambon agit pour la Flandre avant le reste. La preuve est qu'il n'y a pas eu de contact "avant, pendant et depuis. Par contre, vous voyez que pour Anvers, il se démène, il annonce un tas d'évènements de préparation alors qu'il n'y a pas de manifestation à Anvers. Mais, on pourra dire ensuite : 'Vous voyez la bonne gestion d'Anvers par rapport à Bruxelles'. Mais tout ça est faux !".

Le bourgmestre ne se sent pas pour autant visé personnellement : "Je pense que cela ne me vise pas moi, je pense qu'il y a une mise en scène d'une certaine politique", conclut-il.

 

C. Biourge

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