Jules, Maurane, Maxence, Damaris... Pourquoi ont-ils manifesté?

Jeunes et moins jeunes, syndiqués et non syndiqués, du nord et du sud, enseignants ou ouvriers, infirmiers ou travailleurs en devenir... La manifestation nationale a réuni ceux qui, pour diverses raisons, souhaitaient protester contre l'accord de gouvernement. Certains le qualifie d'"antisocial", de "scandaleux", de "déséquilibré", mais tous avaient des critiques toutes personnelles à formuler parmi la foule. En voici quelques exemples.

Damaris, 40 ans, animatrice

Damaris travaille dans une structure extrascolaire qui accueille les enfants. Elle les accompagne le matin jusqu'à l'heure d'aller à l'école, et va les récupérer à la fin des cours. Un coup de main bienvenu pour les parents à l'emploi du temps chargé, qui leur permet de venir chercher leurs enfants en soirée.

Cette animatrice de 40 ans, bien que passionnée par son métier, redoute le recul de l'âge de la pension. Elle dit ne pas se sentir capable de remplir ce rôle jusqu'à 67 ans.

Jules, 82 ans, retraité

"Moi, je crois que je ne risque plus rien." Mais, pour Jules, être à la retraite ne signifie pas pour autant rester passif face aux mesures annoncées par le gouvernement, qu'il pointe comme "une véritable entrée dans le capitalisme".

La solidarité intergénérationnelle lui tient à cœur, si bien que cet ancien syndicaliste de 82 ans a décidé d'aller manifester jeudi, en ayant une pensée toute particulière pour l'avenir de ses enfants, ses petits-enfants... et ses arrière-petits-enfants.

Maurane, 15 ans, et Annick, 45 ans, aide-soignante

Annick est aide-soignante. À 45 ans, la pénibilité de son métier l'inquiète pour une carrière professionnelle qui s'annonce plus longue que prévu. Elle a donc décidé de défiler, accompagnée de sa fille, Maurane.

À 15 ans, cette jeune fille s'interroge elle aussi déjà sur son avenir professionnel et craint que le recul de l'âge de la pension ne franchisse encore d'autres caps au fil des années.

Maxence, 42 ans, et Gaëtan, 39 ans, enseignants

Le corps enseignant a aussi souhaité faire entendre sa voix lors de cette manifestation nationale. Maxence, professeur d'histoire et de sciences humaines, et Gaëtan, professeur de dessin et d'éducation artistique, étaient de ceux-là.

Pour eux, la campagne électorale des partis aujourd'hui au pouvoir n'a pas été faite sur les mesures annoncées après l'accord de gouvernement. Un gouvernement qui dès lors "n'est pas légitime", juge Maxence, 42 ans. Des enseignants qui eux aussi s'inquiètent tout particulièrement du recul de l'âge de la pension.

 

Thomas Mignon (@thomasmignon)

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