SNCB: vers un déraillement programmé?

SNCB:vers un déraillement programmé?
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La SNCB au centre de toutes les attentions et des polémiques: entre grèves sauvages et plan d'économies drastiques, on ne voit pas très bien quel sera l'avenir de l'entreprise. Le gouvernement fédéral entend promouvoir le rail mais impose plus de 2 milliards d'économies.

Certes, les cheminots wallons ont tendance à partir en grève un peu vite et surtout sans prévenir. Pourtant, il y a cette fois de quoi comprendre cette inquiétude sourde. A l’heure où chacun veut promouvoir le rail, les transports en commun, les cheminots s’inquiètent : pourquoi (encore) nous ?

Des efforts, pour faire quoi ?

L’accord de gouvernement définit clairement les chemins de fer comme Une partie de la solution au problème global de mobilité, et d’ajouter que le gouvernement fera en sorte que la SNCB et Infrabel soient en mesure de répondre à la demande croissante en leur accordant les moyens d’exploitation et d’investissement qu’il peut raisonnablement mettre à leur disposition.

C’est donc en toute lettre dans l’accord de gouvernement, qui insiste aussi sur la résorption de la dette de l’entreprise. Difficile dès lors de concevoir que ces objectifs pourront être atteint en privant la SNCB de 2,1 milliards € en 5 ans !

L’accord de gouvernement est muet sur la manière d’atteindre ces objectifs avec moins de moyens et ce n’est pas en faisant travailler les cheminots plus longtemps que l’on devrait y arriver. Le gouvernement fédéral annonce de plus la mise en place de RER autour d’Anvers, Gand, Charleroi et Liège alors que l’on peine à boucler celui de Bruxelles et qu’en Wallonie, il n’y avait pas véritablement de demande à ce propos.

Préparer une régionalisation ?

L’accord de gouvernement prévoit la nécessaire collaboration avec les sociétés régionales de transport. On le sait, on retrouve les mêmes partis flamands au fédéral et au gouvernement flamand. Et l’accord fédéral fait explicitement référence aux " systèmes nodaux " ces " knooppuntensysteem " que De Lijn développe déjà. Coïncidence sans doute.

On le sait, depuis des années, la Flandre se dit prête à financer des lignes autour du port d’Anvers ( !) et justement l’accord de gouvernement prévoit une promotion du fret ferroviaire, toutes les pistes stratégiques qui contribuent à un renforcement de la position de l’économie belge seront examinées.

Depuis plusieurs années déjà, certains en Wallonie s’inquiètent de la régionalisation rampante de la SNCB : la plupart des ateliers ont été déménagés en Flandre, le QG informatique s’est installé à Malines, les liaisons avec Zaventem ont été développées, celle avec Bierset et Charleroi bloquées, le RER vers le Brabant Wallon est remis aux calendes grecques, toutes les directions opérationnelles sont déjà occupées par des Flamands, etc... Le dernier patron de la SNCB, Marc Descheemaecker figurait sur la liste N-VA aux européennes.

Le programme de la N-VA souhaitait que l’on fasse appel à des compagnies étrangères pour exploiter le rail belge… l’accord de gouvernement le prévoit explicitement.

Et d’aucun de se demander si l’étranglement financier de la SNCB, son endettement abyssal ne préparent pas une dissolution et une régionalisation de la vénérable institution trop "nationale belge " pour beaucoup au nord du pays.

 

Philippe Walkowiak

 

 

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