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En visite en Ukraine, Angela Merkel appelle à un cessez-le-feu bilatéral

L'"intégrité territoriale" de l'Ukraine est "essentielle" pour le gouvernement allemand, a indiqué Angela Merkel lors d'une conférence de presse à l'issue d'un entretien avec le président ukrainien Petro Porochenko.

La chancelière a également annoncé des mesures financières pour aider les secteurs ukrainiens de l'énergie et de l'eau et aider au sort des réfugiés.

"Nous n'avons pas choisi la guerre. Elle nous a été imposée de l'extérieur", a de son côté déclaré Petro Porochenko.

"Il est temps que la paix s'installe dans le Donbass. Le pouvoir ukrainien fera tout avec nos partenaires européens pour que cela arrive. Mais pas au dépens de la souveraineté, de l'intégrité territoriale et de l'indépendance de l'Ukraine", a-t-il ajouté.

Une visite interprétée comme un geste de soutien

Angela Merkel est la plus importante dirigeante occidentale à se rendre en Ukraine depuis le début de la crise qui a provoqué la pire dégradation des relations entre la Russie et l'Occident depuis la fin de la guerre froide, après l'entrée vendredi en Ukraine d'un convoi humanitaire russe sans l'aval de Kiev.

Convoi dont tous les camions sont désormais retournés en Russie.

A Kiev, ce déplacement d'Angela Merkel est interprété comme un geste de soutien d'autant plus qu'elle vient à la veille de la fête de l'Indépendance. "Il est peu probable que Merkel apporte à Kiev des propositions de règlement de la crise. Mais les deux parties doivent formuler une position solidaire sur les questions clé", estime Olexandre Souchko, analyste de l'Institut de la coopération euro-atlantique à Kiev.

Cette visite précède un sommet régional mardi à Minsk auquel participeront les présidents russe Vladimir Poutine et ukrainien Petro Porochenko ainsi que des responsables de l'Union européenne.

"La visite de la dirigeante allemande à la veille de la journée de l'Indépendance et pendant le conflit armé dans lequel est impliqué la Russie est un signal de soutien", estime Vassyl Filiptchouk, un autre analyste politique indépendant.

Selon lui, la situation avec le convoi russe de quelque 300 camions blancs déchargé vendredi à Lougansk, bastion des rebelles dans l'Est, "peut changer de manière radicale l'agenda du sommet de Minsk". Washington a exigé vendredi que Moscou retire "immédiatement" son convoi humanitaire, sous peine de nouvelles sanctions.

Bombardements à Donetsk, difficile d'établir leur provenance

Donetsk, chef-lieu régional et place forte des rebelles a été réveillé samedi par de fortes explosions.

Un journaliste de l'AFP a vu deux corps recouverts de draps ensanglantés gisant sur le bitume dans le centre-ville. La mairie a de son côté fait état de trois civils tués dans des bombardements samedi matin.

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Un homme pleure son frère, mort suite aux bombardements sur Donetsk © DIMITAR DILKOFF

Dans la rue, des arbres étaient coupés, des impacts d'obus étaient visibles sur les voies de tramway qui passent au milieu de cette grande artère. Des riverains ramassaient le verre brisé, les façades des maisons et des commerces étaient criblées de shrapnels.

"J'ai été réveillé par une explosion énorme. Mon appartement est ravagé", a raconté un riverain. Selon un autre riverain, les tirs viendraient de l'armée ukrainienne et viseraient une base militaire séparatiste.

Il est pratiquement impossible d'établir la provenance des tirs, forces régulières et séparatistes s'accusant mutuellement.

L'ONU a dénoncé dans un rapport fin juillet l'utilisation par les deux parties d"armes lourdes dans des zones habitées".

AFP

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