Nigeria: plus de 200 lycéennes enlevées et vendues par Boko Haram

Des membres des servces de sécurité examinent le site de l'attentat d'Abuja le 2 mai
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Des membres des servces de sécurité examinent le site de l'attentat d'Abuja le 2 mai - © STRINGER - BELGAIMAGE

L’affaire de l’enlèvement de 276 lycéennes continue d’embraser l’opinion et de susciter des protestations des parents contre l’impuissance des autorités à obtenir la libération des jeunes filles. Samedi à Lagos, la capitale, un groupe de femmes, dont certaines sont les mères des lycéennes enlevées, organisaient une nouvelle manifestation de protestation.

C’est le 14 avril que des éléments du groupe islamiste Boka Haram a enlevé dans le dortoir de leur école un nombre, au départ assez indéterminé, de jeunes filles de 12 à 17 ans, à Chibok, dans l'Etat nigérian de Borno, au nord-est. Elles ont été emmenées dans des camions en direction de la brousse, après un échange de tirs avec des soldats de l’armée nigériane. On parlait à ce moment de cent à deux cents lycéennes. Une cinquantaine d’entre elles sont parvenues à s’enfuir. Aux dernières nouvelles elles auraient finalement été 276 à être kidnappées et seraient encore à 223 retenues. Mais nul ne sait où, ce qui avive la colère des parents, estimant qu’à l’heure des drones et des satellites, il est difficile de croire qu’on puisse faire disparaître plus de 200 personnes.

Samedi dans la capitale Lagos, après plusieurs autres manifestations et sittings tenus pendant la semaine, des femmes manifestaient encore leur soutien aux victimes et leur mécontentement face aux autorités.
D’informations récentes acheminées par un mandataire de la présidence pour négocier un cessez-le-feu, il ressort que deux des jeunes filles seraient décédées suite à des morsures de serpents tandis que d’autres seraient vendues en mariage à des militants.

Des soldats et miliciens poursuivent "jour et nuit" les islamistes a pourtant affirmé le bureau du gouverneur de l'Etat de Borno. Selon certaines sources elles seraient pour la plupart dans des pays voisins, notamment au Cameroun et au Tchad.

Le groupe Boka Haram, dont le nom signifie "l'éducation occidentale est un péché" en langue haoussa, a souvent pris pour cible des écoles et des universités. Le jour de l’enlèvement, un attentat avait fait 75 morts et 141 blessés à Abuja et avait été revendiqué par vidéo par Aboubakar Shekau, le leader du groupe islamiste. Mais dans son message, celui-ci n’avait pas fait mention de l’enlèvement des jeunes filles.

D’après Amnesty International, ce groupe terroriste assez fragmenté aurait fait plus de 1500 morts rien qu’en 2014 dans ce pays de 175 millions d’habitants. Boka Haram frappe au rythme d’un attentat par semaine depuis des années.

Désespérés, les hommes de certaines familles de disparues ont entrepris de s’armer et d’entreprendre eux-mêmes des recherches. Mais face à la menace des islamistes qui avaient annoncé qu’ils assassineraient quiconque s’approcherait, ils ont fait marche arrière avant d’atteindre Chibok.

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