Les "Printemps arabes" en musiques et en voix à la Cité Miroir

La chanteuse tunisienne Dorsaf Hamdani à Liège à la Cité Miroir
La chanteuse tunisienne Dorsaf Hamdani à Liège à la Cité Miroir - © CITE MIROIR/DR

A la veille du printemps météo, la Cité Miroir de Liège veut rappeler l'existence des "Printemps arabes" qui marquent l'actualité politique depuis ces trois dernières années. En faisant entendre les voix et les cultures des populations d'Orient, à travers quatre soirées sous le label "Au Fil des Voix".

Les anciens Bains de la Sauvenière accueillent donc durant trois soirées de la musique, avec les concerts "Au Fil des Voix", ainsi que ce mercredi soir l'opposante et écrivaine syrienne en exil Fadwa Suleiman. Figure de l'opposition au régime de Bachar El Assad, Fadwa Suleiman a été contrainte à l'exil. Elle en témoigne dans un récit autobiographique, "Le Passage", qui est devenu une lecture-spectacle. "Le conflit syrien qui fait rage depuis trois ans lui a fait quitter le pays en 2012, comme beaucoup de Syriens", explique Patrick Donnay, conseiller artistique à la Cité Miroir de Liège. "Sa tête a été mise à prix, mais elle continue son combat pour la liberté d'expression depuis la France. Son récit interroge l'identité, le conflit, la violence, la place de chacun dans une société qui connaît non seulement la dictature, mais aussi la destruction systématique."

"Au Fil des Voix"

Les soirées musicales, elles, sont nées d'un partenariat avec le festival français "Au Fil des Voix", qui circule entre Marseille, Vaison-la-Romaine et Paris. Ici également, l'Orient est à l'affiche. La Tunisienne Dorsaf Hamdani est l'une des grandes voix de la musique arabe d'aujourd'hui, qui chante notamment l'Egyptienne Oulm Kalsoum, la Libanaise Fairouz, que l'on surnommait "le rossignol de l'Orient", et la Française Barbara. "C'est un spectacle qui associe la musique arabe traditionnelle, avec ses formes intemporelles, à des préoccupations résolument modernes. Dorsaf Hamdani est une femme engagée, elle aussi", précise encore Patrick Donnay. On pourra également découvrir Nishtiman, des musiciens d'origine kurde mais aux passeports iranien ou irakien. Avec de tels pédigrées, il n'est pas toujours simple pour eux d'obtenir les possibilités de voyager... Ils font entendre les chants populaires des villages de la montagne. Enfin, la dernière soirée sera consacrée à Luis de la Carrasca, un artiste de Grenade (Gharanât, en langue arabe), qui, associé à cinq autres jeunes de talent, rend hommage au flamenco arabo-andalou.

Une programmation qui fait voyager dans les cultures du monde, mais qui répond aussi aux questions citoyennes que veut poser la Cité Miroir.

Alain Delaunois

Toutes les informations sur ces quatre soirées sont accessibles sur www.citemiroir.be