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Faut-il adapter la législation sur les avertisseurs de radars?

En Belgique, 250 000 automobilistes utilisent un avertisseur de radars. Qu'ils aient pour nom Coyote, Waze, FoxyTag, Wikango ou Avertinoo, le système est le même : une base de données des radars fixes est utilisée pour avertir les conducteurs. Qui peuvent, eux aussi, prévenir les autres, de la présence de radars mobiles. Il leur suffit de toucher l’écran de leur smartphone au moment où ils passent devant un radar. Ce clic et le positionnement de la voiture sont envoyés par réseau gsm vers les serveurs de la société, qui envoient cette même information aux autres véhicules repérés sur la même route.

Que penser de ce partage d'information entre automobilistes? Touring se veut pragmatique et n'y voit aucun problème : "S’il n’y a pas de lien démontré avec la sécurité routière (la diminution du nombre de victimes de la route ou le nombre d’accidents) et l’utilisation d’avertisseur de radars, nous n’avons aucune objection" explique à la RTBF son porte-parole Danny Smagghe.

Si la légalité de ce type d'appareil (qui avertit mais ne détecte pas les radars) ne fait pas problème, il y a tout de même de quoi se poser des questions. C’est ainsi que, Benoît Godard, au nom de l’IBSR estime qu’il "faut faire en sorte que le conducteur ait l’impression, quand il prend le volant, qu’il risque de se faire contrôler partout et à tout moment. S’il sait avec précision où sont les contrôles, forcément il n’adaptera pas son comportement en dehors de ces points. Et c’est contreproductif pour la sécurité routière".

"Aide à la conduite"

C’est la raison pour laquelle la France interdit ce type d'application depuis janvier dernier. Nos voisins français parlent aujourd'hui d'"aide à la conduite" : les appareils ne peuvent y signaler que des zones à risque de minimum 4 km. Pas les radars, donc. Les sanctions sont lourdes : une amende de 1500 euros, la saisie de l’appareil et (pour les Français) un retrait de six points du permis de conduire.

Cette évolution française est appelée de ses vœux par l'IBSR. Et elle est acceptée par certains distributeurs belges. C'est un fait : le partage d'information est une évolution naturelle au moment où les réseaux sociaux sur internet deviennent aussi importants dans nos vies. La sécurité routière n'en est qu'un exemple de plus.

A.L. avec H. Messoudi

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