"My week with Marilyn", Michelle Williams campe avec brio Miss Monroe

My week with Marilyn
 
En été 1956, Marilyn Monroe débarque pour la première fois en Angleterre pour y tourner "Le prince et la danseuse", comédie légère initiée et jouée par Sir Laurence Olivier. Mais entre les deux monstres sacrés, le courant ne passera jamais. L’acteur shakespearien traite la star hollywoodienne de haut, et ne comprend pas pourquoi elle veut appliquer les méthodes intensives de l’Actor’s studio pour jouer une innocente danseuse. En réalité, comme l’explique un protagoniste du tournage, "Laurence, grand acteur de théâtre, rêve de devenir une star de cinéma et Marilyn, superstar, rêve d’être reconnue comme une grande actrice"…

Cette rencontre au sommet eut un témoin : Colin Clark, 23 ans, assistant-réalisateur débutant, qui fut l’amoureux transi puis le confident d’une Marilyn plongée en plein désarroi par ce tournage houleux, loin de chez elle. Le film "My week with Marilyn" est un film riche : c’est une jolie histoire d’amour et c’est bien mieux qu’un biopic. Car en choisissant de raconter un moment dans la vie de Marilyn, il en dit bien plus long qu’une biographie exhaustive et académique de miss Monroe, d’autant plus que Michelle Williams a su en capter la démarche, le rire, le charme et la fragilité. Sans être un grand film, "My week with Marilyn" est absolument délicieux.
 
Monsieur Lazhar
 
Bachir Lazhar, immigré algérien en situation instable au Québec, postule dans une école traumatisée par le suicide d’une de ses institutrices. Avec ses méthodes peu orthodoxes, Mr Lazhar va tenter de redonner le moral à ses jeunes élèves…

Le film de Philippe Falardeau est inspiré d’une pièce de théâtre et, hélas, cela se sent. Son propos est généreux et humaniste, mais délivré dans un style un peu trop apprêté pour convaincre. Et Fellag, son interprète principal, joue plus comme dans un one-man-show que dans un drame réaliste. Et pourtant, ce film un peu artificiel plaît : il a été nominé à l’Oscar du meilleur film étranger.
 
Une nuit
 
Le commandant Weiss (Roschdy Zem) est commandant à la brigade mondaine, et s’apprête à faire sa ronde habituelle dans les hauts lieux de la nuit parisienne. Cette fois, il est accompagné d’une jeune recrue qui lui sert de chauffeur (incarnée par Sara Forestier).

Sur le papier, on redoute de voir un énième "polar du samedi soir" comme le cinéma français en a trop produit… Erreur ! "Une nuit" est un excellent film d’atmosphère, une cartographie impressionniste du monde de la nuit, le flic passant avec la même aisance d’un claque minable à un night-club branché, interpellant prostituées, dealers et travestis… Bien sûr,  il y a une intrigue pour tenir le spectateur en haleine, mais "Une nuit" frappe d’abord par la justesse de ses ambiances et de ses personnages. Roschdy Zem, en officier flirtant en permanence avec l’illégalité pour mener à bien ses missions, est parfait. Et Sara Forestier bien moins exubérante que de coutume. Bref, une belle surprise.
 
Possession(s)
 
Un couple modeste du Nord de la France, Bruno et Maryline (Jérémie Rénier et Julie Depardieu) décident de changer de vie et louent un chalet à la montagne. En arrivant sur place, les propriétaires leur annoncent une mauvaise nouvelle : leur chalet est en travaux, ils ne peuvent s’y installer. En guise de dédommagement, ceux-ci leur propose de loger temporairement dans un chalet bien plus luxueux. Passé le premier moment d’émerveillement, Bruno et Maryline commencent à jalouser la richesse ostentatoire de leurs "bienfaiteurs"… Une jalousie qui se transforme en aigreur menaçante.

Le cinéaste Eric Guirado s’est inspiré d’un  fait-divers qui a défrayé la chronique en Haute Savoie : "L’affaire Flactif". Ce qui l’a intéressé, c’est de montrer combien les excès de la société de consommation génèrent des frustrations terribles chez les ménages modestes, des frustrations qui peuvent développer des instincts criminels. Un thème intéressant mais développé un peu maladroitement dans "Possession(s)" : on aurait aimé une progression dramatique moins flottante, plus implacable… Le film lorgne vers Simenon, mais sans atteindre la perfection structurelle du grand romancier belge.
 
Comme un chef
 
Jacky (Michael Youn) est un chef cuisinier plein d’idées mais sans restaurant pour les mettre en pratique. Alexandre Lagarde (Jean Reno) est un chef étoilé : il a plein de restaurants… Mais il n’a plus d’idées. Ces deux-là sont évidemment faits pour se rencontrer.

Vous aimez  L’aile ou la cuisse" de Claude Zidi ? Vous êtes nostalgique du cinéma comique des années 70 ? "Comme un chef" est fait pour vous : avec le réalisateur Daniel Cohen, le temps s’arrête, et le cinéma renoue avec la bonne vieille comédie franchouillarde… C’est inoffensif, c’est familial, c’est sans prétention ni vulgarité, mais Dieu que c’est daté !

Hugues Dayez
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