Disparition des taches solaires: des astronomes indiens résolvent l'énigme

Photo du soleil réalisée par le satellite STEREO de la NASA, le 7 aôut 2010
Photo du soleil réalisée par le satellite STEREO de la NASA, le 7 aôut 2010 - © AFP

Pourquoi le Soleil a-t-il perdu ses taches durant près de deux ans ? Des astronomes indiens pensent avoir enfin résolu cette énigme sur notre étoile, qui n'est pas sans conséquences pour la Terre.

Les années 2008 et 2009 ont en effet été marquées par une quasi absence de taches solaires, un record d'accalmie depuis 1913. Le phénomène a d'autant plus surpris les scientifiques que le Soleil était censé à l'époque retrouver un pic d'activité à l'issue de son cycle, estimé en moyenne à onze ans.

Caractérisées par une énorme intensité magnétique, les taches solaires sont comme des noeuds concentrés de plasma - particules électriquement chargées - qui émergent à la surface du Soleil.

Ce plasma est sans arrêt en mouvement à la surface, suivant des courants semblables à ceux des océans de notre planète. Ces flux coulent au niveau de l'Equateur, remontent en direction des pôles, avant de plonger sous la surface pour émerger à l'Equateur et entamer un nouveau cycle, à la manière d'un tapis roulant.

Avec une vitesse moyenne de 65 km/h, il leur faut environ onze années pour boucler le parcours, rechargeant à leur passage dans les profondeurs du Soleil les particules qui forment ces fameuses taches solaires.

Pour tenter de comprendre la disparition prolongée des taches, une équipe de l'Institut indien des sciences de l'éducation et de la recherche de Kolkata, dirigée par Dibyendu Nandi, a modélisé par ordinateur les cycles et flux solaires sur environ 2.000 ans.

"D'après notre modèle, l'origine du problème des taches solaires remonte en réalité à la fin des années 1990" au début du cycle du Soleil, explique Andres Munoz-Jaramillo, astrophysicien américain associé à cette étude publiée dans la revue Nature.

"A cette époque, le tapis roulant a accéléré", ce qui a paradoxalement entraîné un ralentissement des flux de plasma par la suite et donc un retard dans la reprise de l'activité solaire, résume-t-il.

Un retard que le Soleil a désormais rattrapé: il a produit le 15 février dernier sa plus forte éruption depuis plus de quatre ans, a annoncé la Nasa.

Cette éruption s'est accompagnée d'une éjection de masse coronale, une puissante explosion magnétique dans la couronne du soleil qui projette à environ 900 km par seconde du plasma ionisé dans l'espace, parfois jusqu'à la Terre.

Les éruptions solaires de cette puissance peuvent provoquer de graves perturbations des télécommunications au sol et dans l'espace ainsi que des systèmes de distribution électrique.

Mais l'accalmie du Soleil a elle aussi un impact sur notre planète: les vents solaires soufflent moins fort et permettent à davantage de rayons cosmiques provenant de l'espace d'atteindre la Terre.


AFP
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