Les Nuits Botanique - Junip et Low, de trop rares éclaircies !

Junip
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Junip - © Photo : Klara Andreasson

Alors que le tonnerre gronde et qu'il pleut des hallebardes, on se réfugie, bien au sec, dans un Cirque Royal où les soirées se suivent sans se ressembler (c'est ça qui est chouette !) Le programme de ce mercredi est copieux avec un menu trois services intriguant mais qui nous laissera sur notre faim.

Barbarossa, l'ultra moderne solitude !

Apéritif avec le londonien Barbarossa qui joue devant un public tellement clairsemé que l'on perçoit à peine sa présence entre deux morceaux. Trente minutes de grande solitude pour celui dont la voix nous avait portant plu lorsqu'il était venu présenter deux titres à la conférence de presse du festival. Mais là, franchement, le débit de la connexion est trop faible ! Entouré de synthés et de machines, il tente de nous accrocher avec ses sons électro dans la veine de ses compatriotes Jamie Woon ou James Blake. Mais, malgré une jolie voix planante, ses morceaux ne peuvent tout simplement pas rivaliser. Il a l'air plus heureux d'être là que le public qui l'écoute à moitié, dur !

Junip, le moteur diesel

Assiette non pas norvégienne mais suédoise en entrée avec Junip, groupe de folk rock emmené par la voix brumeuse de José Gonzalez dont la carrière solo a eu davantage de retentissement. Il faut dire qu'en huit ans d'existence, le groupe n'a pas été productif à l'excès, quelques EP et deux albums à peine. "Fields" dont est extrait "Every direction" un des morceaux les plus connus qu'ils joueront au début comme pour se connecter à la foule devenue plus compacte. Et puis ce nouveau disque, sobrement intitulé "Junip" qui constituera l'ossature du set.

On a toujours apprécié la voix de José Gonzalez et on est heureux de l'entendre dans un contexte qui diffère du guitare voix auquel nos oreilles sont habituées. L'ambiance est plutôt bucolique et calme, du moins au début. On pense plusieurs fois aux belge d'Isbells. C'est agréable mais cela manque de relief. Jusqu'au réveil salutaire qui nous offrira des morceaux plus enlevés, révélant les penchants plus psychédéliques du groupe et quelques beaux crescendos qui raviront les spectateurs. Ce fut juste lent à l'allumage.

Junip - Line of Fire

Low, les harmonies dans l'ennui

Plat de résistance enfin avec les américains de Low, groupe formé de Alan Sparhawk et Mimi Parker. Elle à la batterie, lui à la guitare, mais tous les deux au chant, accompagné par un troisième larron que l'on voit à peine. Parce que c'est bien ce duo qui est au centre de l'attention. Dans sa manière (trop) nonchalante de distiller ses notes mais surtout pour l'émouvante réussite de ses harmonies vocales.

Une dizaine de disques au compteur depuis 1993 et un amour marqué pour les années 60-70. Le jeu de guitare est plus crasseux que mélodique et rappelle quelques belles pièces du Neil Young de cette époque. La voix, elle, évoque un mélange entre le " Flower Power " (Joni Mitchell, Joan Baez) et la country (Emylou Harris).

Sur l'écran du fond, les images d'animaux, de mer ou de campagne ajoutent à ce côté hippie. C'est beau et on se surprend parfois à battre la mesure. "So blue", issu du nouvel album, fut un moment intense. Mais dans l'ensemble, le groupe masque mal son ennui ! Aucune chaleur, aucun enthousiasme. Même pas un "Bonjour !" ni un mouvement. C'est terriblement statique. En préambule au rappel, Alan lance "Le patron nous autorise à en jouer encore une !". Tout est dit ! En fait, on aurait pris autant de plaisir à écouter le disque à la maison !

 

François Colinet

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