Vague d’hallucination dans ces romans

Pour ce quatrième chapitre de l’année, Sous Couverture accueille Nathacha Appanah et Vincent Dugomier. Au menu du jour : des hallucinations, une sirène et de l’écologieEntre autres !

Nathacha Appanah pour “Rien ne t’appartient”, éd. Gallimard, 2021

Elle nous relate dans une langue magnifique le destin de Tara, une femme dont le passé tragique ressurgit après le deuil de son mari.

Dans ses hallucinations, vapeurs de son enfance, elle revoit son pays ravagé où elle a laissé celle qui s’appelait Vijaya, dans les décombres d’un tsunami, pour devenir Tara, la femme d’Emmanuel. Une immersion sensorielle dans l’intimité, les pensées et les névroses du personnage.

Nathacha Appanah est l’auteure notamment de "Le Dernier Frère", "Tropique de la violence" et "Le Ciel par-dessus le toit", traduits en plusieurs langues. "Rien ne t’appartient" est son onzième livre.

Vincent Dugomier pour “Urbex tome 1 : Villa Pandora”, éd. Le Lombard, 2021

Vincent Dugomier qui vient nous parler du tome 1 de la série Urbex : Villa Pandora, illustré par Clarke. Là aussi, il est question d’hallucinations.

Julie et Alex sont adeptes de l’urbex, un loisir consistant à visiter des bâtiments abandonnés. Et si les murs des vieux bâtiments pouvaient parler, que raconteraient-ils… ? Depuis que les deux adolescents ont franchi la porte de la Villa Pandora, ils ont la réponse ! À présent, à chacune de leurs explorations urbaines, ils sont assaillis par des visions de vies d’inconnus. Entre peur et curiosité, leur enquête sera houleuse.

“Réminiscences” de Gorian Delpâture : Marguerite Yourcenar

Aujourd’hui, nous allons retourner jusqu’en 1971 à la rencontre de la première femme élue à l’Académie Française. C’est bien sûr Marguerite Yourcenar. Yourcenar n’est pas son vrai nom. En fait, c’est l’anagramme de son vrai nom : Crayencour. Marguerite née en Belgique en 1903 et morte aux Etat-Unis en 1987.

La chronique de Lucile Poulain : "Traverser la foule" de Dorothée Caratini, éditions Bouquins, 2021

Il y a des journées qui commencent simplement, de manière plutôt banale même, sans que ce soit gênant…

Comme un jour de décembre où vous allez travailler avant d’aller acheter quelques cadeaux de Noël, histoire de pas être débordée le jour J.

Et puis vous rentrez chez vous et là, l’horreur, l’indicible, votre mari s’est pendu dans la cage d’escalier de la maison.

C’est exactement ce qui est arrivé à Dorothée. À ce moment-là elle a la trentaine, deux petites filles en bas âge à aller chercher à la crèche, des paquets plein les bras et l’impression que le monde entier s’est effondré.

Comment on réagit à ça ? Comment on survit à ça ? Comment on continue à avancer après ça ?

La chronique de Caroline Etienne : "Etre écologique" de Timothy Morton, Ed. Zulma Essais, 2021

" L’écologie ne vous concerne pas ? C’est peut-être ce que vous pensez mais ce pourrait aussi être l’inverse. Vous ne lisez pas de livre sur l’écologie ? Alors ce livre est pour vous. "

C’est comme cela que débute le livre étonnant et détonnant de Timothy Morton.

Et d’ailleurs, ne vous inquiétez pas, vous ne retrouverez pas tous les bons vieux discours moralisateurs, culpabilisateurs dans ce bouquin. On ne vous expliquera pas en long et en large pourquoi et comment on en est arrivé là ! Vous prendrez de la hauteur pour analyser et comprendre pourquoi malgré toutes les informations que nous recevons chaque jour, nous ne bougeons pas ou si peu ! C’est franchement rafraîchissant !

Ce n’est pas un livre d’écologie comme les autres. L’auteur nous emmène dans de nombreux concepts de philosophie pour nous extirper, je le cite, " du dépotoir d’informations " dans lequel nous sommes plongés chaque jour.

La chronique d’Odile Vanhellemont : “Une sirène à Paris” de Mathias Malzieu, éd. Livre de Poche, 2021

Que feriez-vous si vous retrouviez un poisson-fille sur les quais d’une Seine en crue ? Et si vous en tombiez follement amoureux ?

Cette rencontre improbable et impromptue, c’est Gaspard Snow qui la fait. Gaspard, c’est un chanteur au cœur brisé. Il travaille sur le Flowerburger, une mystérieuse péniche abritant un cabaret secret au bord de la faillite. Gaspard, il est surprisier, en fait " son imagination est si puissante qu’il peut changer le monde, du moins le sien, ce qui constitue un excellent début ". Et un beau soir, il découvre Lula, une sirène échouée sur un quai de la Seine. Une sirène dont le chant est si puissant qu’il vous explose le cœur en moins de trois jours.

Et elle, elle ne peut survivre bien plus longtemps hors de son élément marin. Voyant qu’elle est blessée, il décide de l’installer dans sa baignoire pour la soigner. Entre eux, c’est le coup de foudre. Impensable pour un Gaspard vacciné contre l’amour et une Lula qui a l’habitude d’achever tous ceux qui entendent sa voix ! Mais c’est vrai, fort, intense.

 

La chronique de Michel Dufranne : “Symposium Inc.” d’Olivier Caruso, éd. Le Bélial', 2021

Pour fêter ses 18 ans, Rebecca massacre sa mère

Problème, Rebecca est la fille du ponte des nano- et neuro-technologies, une star de l’économie, une star de la société civile tant ses inventions ont sauvé des vies. Commence un duel entre lui et l’avocate de sa fille sur fond de réflexions sur l’impact et l’éthique desdites technologies.

La chronique de Gorian : “Les Délices de Turquie” de Jan Wolkers, éd. Belfond, 2021

Original, cru, provocateur, tendre, joyeux, désespéré, un roman puissant, entre Les Valseuses et Le Dernier Tango à Paris.
Deux pigeons s’aimaient d’amour tendre… Cette histoire a été racontée sur tous les tons, sur tous les temps. Mais voici que de Hollande nous arrive une passion folle et grave, érotique et drôle, tragique et délirante. Les Délices de Turquie sont à la littérature ce que Le Dernier Tango à Paris fut au cinéma : une entreprise raisonnée de dérèglement de tous les sens. Si l’amour fou du jeune peintre et d’Olga la Rousse rappelle celui de Mona et d’Henry Miller dans Sexus, il respire le vin et les canaux d’Amsterdam, les draps de lit froissés et les crépuscules où l’on se serre l’un contre l’autre. Un livre de nos chevets les plus intimes.

Le coup de cœur de Romain Detroy, Librairie Les yeux gourmands à Saint-Gilles : "Comme nous existons" de Kaoutar Harchi éd. Actes Sud, 2021

Kaoutar Harchi mène dans ce livre une enquête autobiographique

Afin de saisir, retranscrire au plus près cet état d’éveil, de peur et d’excitation provoqué, dit-elle, " par la découverte que nous – jeunes filles et jeunes garçons identifiés comme musulmans, que nous le soyons ou pas d’ailleurs – étions perçus à l’aube des années 2000 par un ensemble d’hommes et de femmes comme un problème."
Un livre où l’amour filial et l’éveil de la conscience politique s’entremêlent dans une langue poétique et puissante.

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