Une sélection éclectique entre femmes oubliées et peintre inoubliable

Couvertures de "L'invisible" et de "Trois jours dans la vie de Paul Cézanne"
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Couvertures de "L'invisible" et de "Trois jours dans la vie de Paul Cézanne" - © Tous droits réservés

Paul Cézanne a marqué le 19e siècle par son art. Jeanne de Tallenay aurait pu en faire de même si l’Histoire n’en avait pas décidé autrement.

L’invisible de Jeanne de Tallenay aux éditions Névrosée

Nombreuses sont les femmes oubliées, particulièrement quand il s’agit de littérature du 19e siècle. Pour leur rendre hommage, les éditions Névrosée choisissent d’en rééditer certaines pour faire découvrir leurs ouvrages et pour que leur talent ne soit pas perdu dans les abîmes de l’Histoire à tout jamais. Si l’on écrivait L’invisible aujourd’hui, on dirait que le pitch est classique, déjà vu, réchauffé. Sauf qu’il a été écrit en 1892 et qu’il est donc tout à fait novateur pour son époque. Seul Charles Dickens aurait été capable d’un tel roman.

Un homme se réveille comme tous les matins. Féru de boulot, il pense s’être endormi sur ses feuilles. Sauf que non, il est décédé. Dans sa tête, une petite voix lui murmure qu’il ne pourra pas quitter tranquillement ce monde tant qu’il n’aura pas assisté aux conséquences de ses actes auxquels il va devoir assister comme spectateur passif. Un roman fabuleux entre fantastique et chronique de mœurs. Un style hybride. Un peu comme si Balzac rencontrait Allan Poe.

Trois jours dans la vie de Paul Cézanne de Mika Biermann aux éditions Anacharsis

Si la postérité a oublié Jeanne de Tallenay, elle n’a pas réservé le même sort à Paul Cézanne, grand peintre impressionniste du 19e siècle. Le parcours de Mika Biermann est pour le moins étonnant. Né en Allemagne, il apprend le français et décide d’écrire dans cette langue.

Avec Trois jours dans la vie de Paul Cézanne, l’écrivain dresse un portrait farfelu du célèbre peintre. Animé par l’envie d’être seul, Cézanne vit dans les montagnes du sud de la France. Le lecteur le suit pendant trois jours alors qu’il gravite entre son studio et le lieu où il peindra son prochain tableau. Car finalement c’est tout ce qu’il souhaite : peindre la nature en paix. Solitaire, presque aigri, Paul Cézanne est constamment embêté. Son aide ménagère, son fils, Renoir, un couple loufoque, tous semblent s’être mis d’accord pour le détourner de son art. Habitué à ponctuer son récit d’éléments saugrenus, Mika Biermann pose sur la route du vieux peintre un minotaure, un pégase ainsi que d’autres personnages imaginaires. Un roman étonnant, presque bizarre à dévorer en quelques heures.

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