Un florilège de nos romans "coup de cœur"

Pour ce deuxième chapitre de Sous Couverture, Anne-Sophie et Thierry recevaient Julia Kerninon et l’auteur belge Luc Baba. Florilège des coups de cœur littéraires de la semaine…

 

"Liv Maria", de Julia Kerninon, éd. L’Iconoclaste, 2020

Toutes les vies d’une femme.

De livre en livre, Julia Kerninon s’impose comme l’une des voix les plus intéressantes de la scène française. Loin des salons parisiens, cette discrète Nantaise peaufine des histoires touchantes où il est toujours question de peinture et de la place du livre ou des mots. Et ce sont ses mots, justement, qui font toute la différence. Dans une langue magnifique sans être démonstrative, la romancière nous offre la traversée d’une vie de femme, à la fois totalement libre et entravée par un lourd secret. Tantôt amante, tantôt mère, ici fugitive, là étonnamment sédentaire, Liv Maria est habillée de si beaux mots qu’elle peut aussi bien nous faire pleurer que trembler.

"Nous serons heureux", de Luc Baba, éd. Weyrich, 2020

Quand moqueries et prison mènent à la poésie.

C’est bizarre, maintenant que son père s’est moqué de lui, il a vraiment très envie de savoir ce que c’est, la poésie. Il a aussi très envie que Cathy vienne le voir. Mais peut-être qu’elle ne l’aime plus, maintenant qu’il est un grand bandit… pas très doué en fait. Résultat, après un hold-up rocambolesque, deux mois de prison… le temps de se découvrir une vocation…

La Supercherie d’Anne-Sophie Delcour : "Skidamarink" de Guillaume Musso, éd. Calmann Lévy, 2020

Réédition du premier roman d’un auteur à succès.

Alors que le vol de La Joconde fait la une de tous les journaux, quatre personnes qui ne se connaissent pas reçoivent un fragment découpé de la célèbre œuvre de Léonard de Vinci, accompagné d’un mystérieux rendez-vous dans une chapelle de Toscane… Ce tout premier thriller, mêlant mystère, suspense, amour et aventure, révèle déjà un talent sans pareil pour raconter une histoire à la croisée des genres.

Le choix de Michel Dufranne : "La proie", de Deon Meyer, éd. Série Noire/Gallimard, 2020

LA grosse sortie noire du moment…

Au Cap, Benny Griessel et Vaughn Cupido, de la brigade des Hawks, sont confrontés à un crime déconcertant : le corps d’un ancien membre de leurs services a été jeté du Rovos, le train le plus luxueux du monde… À Bordeaux, Daniel Darret, ancien combattant de la branche militaire de l’ANC, mène une vie modeste et clandestine, hanté par la crainte que son passé ne le rattrape. Vœu pieux : par une belle journée d’août, un ancien camarade vient lui demander de reprendre du service…

Le choix de Lucile Poulain : "Ce qu’il faut de nuit", de Laurent Petimangin, éd. La Manufacture des livres, 2020

Destins d’hommes en devenir.

Un père et ses deux fils qui agissent comme des hommes. Et pourtant, ce ne sont encore que des gosses. Une histoire de famille et de convictions, de choix et de sentiments ébranlés, une plongée dans le cœur de trois être, dans celui de deux hommes en devenir… Un premier roman, fulgurant qui dénoue avec sensibilité et finesse des destinées.

Le choix de Marie Vancutsem : "Tristesse de la terre", d’Eric Vuillard, éd Babel, 2016

Histoire d’hommes, miroir d’une nation. Mythe et réalité.

On pense que le " reality show " est l’ultime avatar du spectacle de masse. Qu’on se détrompe. Il en est l’origine. Son créateur fut Buffalo Bill, le metteur en scène du fameux Wild West Show. Tristesse de la terre, d’une écriture acérée et rigoureusement inventive, raconte cette histoire.

Le choix de Gorian Delpâture : "L’intemporalité perdue et autres nouvelles", d’Anaïs Nin, éd NiL, 2020

Les premières nouvelles d’Anaïs Nin. L’acte de naissance d’un écrivain !

Comment raconter le désir – désir sexuel, appétit pour la vie, l’art… – d’une femme mariée, apprentie écrivaine au début du siècle dernier ? C’est à ce projet qu’Anaïs Nin semble s’atteler dans ces seize nouvelles inédites, écrites pour la plupart entre 1929 et 1931. Ce recueil de nouvelles dévoile la genèse de l’œuvre d’une des auteures les plus modernes et admirées du XXe siècle.

La proposition de Véronique Thyberghien : "Qu’est-ce qu’une vie accomplie ?", de François Galichet, éd. Odile Jacob, 2020

Comment expliquer que la liberté réelle de mourir permette de mieux vivre ?

Quand peut-on dire de sa vie qu’elle est accomplie ? François Galichet met en balance deux représentations de la vie. On peut la tenir pour un bien absolu à préserver à tout prix. On peut aussi l’envisager à la manière du peintre ou de l’écrivain, comme une œuvre dont on est l’auteur, que l’on peut façonner dans la mesure où l’on est maître de soi. Un livre clair et lumineux sur la joie de vivre en disposant de soi.

Le coup de cœur de Diego Dumont, librairie Autre Chose à Hannut : "Soustractions", de Luc Bawin, éd Academia, 2020.

Une histoire simple et bienveillante. C’est quoi "être parents" ? C’est quoi "être l’enfant de" ? Quels sont les liens de la filiation ?

La filiation et les origines, est-ce pareil ? Les difficultés que rencontre Gaëlle pour fonder une famille la ramènent à ces questions qui relèvent du terreau humain. Le voile posé par sa mère sur son histoire l’empêche d’avancer dans sa vie. Sa rencontre avec Younes, jeune migrant clandestin, sera déterminante. Lui aussi est en errance. Il se crée entre eux une connivence tacite. Quelque chose d’essentiel, qui est de l’ordre du vide, mais qui va l’aider à assumer pleinement sa vie de jeune femme.

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