Trois questions à Barbara Abel, reine belge du polar

Barbara Abel en interview avec Thierry Bellefroid sur la Foire du Livre 2020.
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Barbara Abel en interview avec Thierry Bellefroid sur la Foire du Livre 2020. - © Audrey Vanbrabant

Les projets fous de Barbara Abel ne cessent de s’accumuler. En plus d’une série qu’elle écrit pour la RTBF, son roman Derrière la haine est adapté une seconde fois. L’année dernière, Olivier Masset-Depasse présentait son film Duelles incarné par Veerle Baetens et Anne Coesens. Une brillante première adaptation puisque le long-métrage a tout raflé lors de la cérémonie des Magritte. Cette fois, c’est Hollywood qui s’empare de l’histoire de cette amitié malsaine. Jessica Chastain et Anne Hathaway prendront la relève. Rien que ça.

Début avril, elle sera l’invitée de Sous Couverture. L’occasion de revenir sur son imposante carrière et sa multitude de projets. Mais avant ça, c’est sur la Foire du livre que nous retrouvons l’auteure qui présente son dernier roman, Et les vivants autour. Juste le temps de lui poser quelques questions. Ce rassemblement littéraire annuel, elle le connaît bien. Depuis la parution de son premier livre en 2002, elle en arpente les allées et part à la rencontre de ses lecteurs.

Dans vos romans, il est toujours question de familles dysfonctionnelles. Pourquoi les cercles familiaux vous fascinent tant ?

Barbara Abel : "Je ne pense pas qu’il s’agit de familles dysfonctionnelles. Ce sont juste des familles ordinaires que je place dans des situations délicates et qui doivent affronter les conséquences d’un évènement venant enrayer leur vie. Finalement les familles sont des sortes de microcosmes, de mini-sociétés. Tout le monde a une histoire avec sa famille. Qu’elle soit présente ou pas. Je pense que cela parle à tout le monde. Et puis je suis très mauvaise en enquête et en serial killer, je suis incapable d’en écrire. Mais il faut bien que je raconte des polars !"

Comment on est perçu par sa propre famille quand on écrit des histoires sordides ?

"Maintenant cela fait longtemps que j’écris donc ils commencent à avoir l’habitude. Mon conjoint est auteur de bandes dessinées donc il trouve tout ça normal. Mes enfants étaient tout petits quand j’ai commencé et ils ont finalement grandi avec ça. Au début de ma carrière, c’était très compliqué pour ma mère qui s’est posé beaucoup de questions. Elle se demandait si elle avait raté quelque chose."

Vous expliquez que vous aviez commencé à écrire une tout autre histoire que celle de Et les vivants autour et que c’est un fait divers qui vous a fait changer d’avis. Comment naissent vos idées ?

"En temps normal, les faits divers ne m’inspirent jamais, c’est exceptionnel. Généralement je m’inspire de petites anecdotes qui m’arrivent. Des évènements tout à fait ordinaires qui auraient pu mal tourner. C’est cette possibilité de drame qui m’intéresse et nourrit mon imagination et mes romans."

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