Toxicité et poésie

Toxicité et poésie
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Toxicité et poésie - © Tous droits réservés

Marie Vancutsem, la spécialiste du livre de poche, vous propose un voyage dans les abysses d’un trio d’Allemands pas très net et l’exaltation d’une langue salvatrice.

DÉCOMPRESSION, de Juli ZEH, en poche chez Actes Sud, collection Babel

La vengeance serait-elle un plat qui puisse se consommer… Sous l’eau ? La réponse se trouve dans Décompression, de l’auteure allemande Juli Zeh.

L’île de Lanzarote, en novembre. Le contraste entre une maison, la terre et la mer. Depuis 10 ans, Sven a fui l’Allemagne et est devenu moniteur de plongée sous-marine. Un couple d’Allemands – Jola, une actrice de séries secondaires, et Theo, un auteur raté qui, autrefois, a publié un livre remarqué – a demandé à Sven de lui réserver tout son temps, il est chargé de les promener, de les divertir, de leur faire découvrir les fonds marins aussi…

Mais Jola et Theo ne fonctionnent pas comme tout le monde, leur relation est troublante, pour tout dire, ce couple est toxique ! Le couple va entraîner Sven dans un jeu perfide, lui imposant un scénario ambigu où se mêlent séduction, jalousie et désir de vengeance. Un piège qui apprendra au moniteur, autant sur lui-même que sur les autres. Mais aucun des protagonistes n’est celui qu’on imagine.

Décompression, un super thriller psychologique, intelligent et jubilatoire, sur fond de décor paradisiaque.

SOUS LE CIEL QUI BRÛLE, de Hoai HUONG NGUYEN, aux éditions Le Livre de Poche

Sous le ciel qui brûle, c’est l’histoire de Tuân, la quarantaine. Il a grandi en Indochine mais, en 1975, il vit dans l’Oise, en France. Et Tuân se souvient…

Très tôt orphelin, il a été confié à son grand-père. A la mort de celui-ci, il a été recueilli par sa tante. Mais, lorsqu’il décide de rejoindre l’armée populaire, son oncle va obliger son épouse et ses enfants à le suivre, séparant ainsi Tuân de sa cousine dont il est très proche. Dorénavant seul, l’unique chose qui le raccroche à la vie, c’est l’étude du français…

Mais cette passion débordante de la langue de Molière, celle des colonisateurs, classera Tuân dans la catégorie des traîtres, du moins, pour certains. Pourtant, le français, et particulièrement la poésie de Gérard de Nerval, sera sa bouée de sauvetage, son refuge au cœur des atrocités vécues dans un Vietnam exsangue, déchiré par la guerre et la partition. Et lorsqu’il décidera de s’exiler, Tuân choisira la France.

Sous le ciel qui brûle, une belle fresque mêlant les souvenirs d’un jeune homme et le Vietnam.

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