Sébastien Spitzer, l'historien journaliste au service de la littérature

Sébastien Spitzer, l'historien journaliste au service de la littérature
Sébastien Spitzer, l'historien journaliste au service de la littérature - © Tous droits réservés

On peut sans problème affirmer que Sébastien Spitzer a eu plusieurs vies. Mais très jeune déjà, il savait qu’il deviendrait écrivain. C’est chose faite, désormais, son métier est d’écrire des romans mais pas n’importe comment car ses vies antérieures le servent quotidiennement dans ses écrits.

C’est un homme souriant et détendu qu’accueille Thierry Bellefroid au Métropole. Sébastien Spitzer est né à Paris, il y a passé sa jeunesse dans l’hôtel particulier de sa grand-mère, un lieu autrefois occupé par un certain Maurice Leblanc. Il y a fort à parier que l’esprit du jeune Sébastien a dû être imprégné des souvenirs du créateur d’Arsène Lupin !

Après une maîtrise en Histoire contemporaine à la Sorbonne, Sébastien Spitzer s’est dirigé vers Sciences-Po et, après avoir découvert, vers l’âge de 20 ans, Henry Miller, Ernest Hemingway et John Fante, il a voulu ouvrir ses horizons. Il est donc devenu journaliste, traînant ses semelles du côté de l’Afrique, du Moyen-Orient, de l’Amérique latine et des Etats-Unis, menant des enquêtes fouillées à propos de sujets de société variés tels l’alimentation, la santé, la fraude ou encore le tourisme sexuel.

Et puis, il fallait bien que ça arrive, celui qui a dit " Je ne veux pas mourir demain, j’ai encore des tas d’histoires à raconter " a basculé dans la littérature, se servant de ses multiples expériences pour nous offrir des romans fouillés et passionnants. Le premier, paru en 2017, est le résultat de trois ans d’enfermement volontaire de Sébastien Spitzer dans la salle de lecture du Mémorial de la Shoah, à Paris. De ses recherches méticuleuses est sorti Ces rêves qu’on piétine, contant l’extraordinaire histoire de Magda Goebbels, l’épouse de Joseph, ministre de la propagande d’Hitler. Traduit en plusieurs langues, l’ouvrage a remporté une kyrielle de prix littéraires bien mérités.

Désormais écrivain à temps plein, Sébastien Spitzer est aussi l’auteur d’un ouvrage paru en juillet 2019, Dans les flammes de Notre-Dame de Paris, où c’est le journaliste qui se met au service du témoignage, auprès d’acteurs qui ont vécu en première ligne l’incendie de la cathédrale parisienne. Et c’est pour son deuxième roman, Le cœur battant du monde, que l’auteur a rallié Bruxelles, afin d’évoquer, pour vous, un livre tout aussi passionnant que les précédents. 

À l'ombre de Karl Marx

Le cœur battant du monde, paru chez Albin Michel, nous plonge dans le Londres du milieu du XIXe siècle, une ville monde, une ville immonde, centre du plus puissant empire de l’époque.

Si les personnages de Karl Marx et Friedrich Engels rôdent dans ce roman, ce n’est évidemment pas innocent : Engels a aidé financièrement le dépensier Marx jusqu’à sa disparition… et Le Cœur battant du monde, c’est surtout l’histoire de Freddy, le fils caché de l’auteur du " Manifeste du parti communiste ", recueilli par Charlotte, originaire d’Irlande dont elle a fui la famine. Paradoxalement, Marx habitera un superbe hôtel particulier des beaux quartiers, Freddy et Charlotte vivront dans les faubourgs mal famés de la capitale. Et puis, surtout, si Karl se contente de théoriser la Révolution, Freddy prendra les armes pour défendre la cause irlandaise.

Passionné d’histoire, Sébastien Spitzer ne peut pas dire tout et n’importe quoi ! Pour écrire ce roman, il a compulsé tout ce qui était possible de lire sur l’époque, Londres, le Royaume-Uni, les personnages… et l’Irlande. Le cœur battant du monde, c’est un roman, certes historique, mais surtout un roman passionnant qui dépeint une époque où la toute-puissance de l’argent brisait les hommes, l’amitié et l’espoir de jours meilleurs.

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