Patrick Delperdange : « La vie d’un auteur n’est pas franchement trépidante… »

Depuis le début du confinement, Sous Couverture prend des nouvelles de ses auteur.e.s préféré.e.s. Par téléphone, évidemment. Comment vivent-ils l’enfermement ? Quelles sont leurs craintes et leurs espoirs pour la suite ?

Patrick Delperdange est écrivain et scénariste de bandes dessinées. Après avoir publié plusieurs livres en littérature jeunesse, il s’attaque aux romans. En 2005, son ouvrage Chants des gorges (Éditions Sabine Wespieser) s’est vu couronné du prix Rossel. Depuis, chacune de ses nouvelles publications est encensée. Quelques semaines avant le début de la pandémie, il publiait un nouveau roman : C’est pour ton bien, un thriller bien accueilli tant par ses lecteurs que par la critique. Sympathique et décontracté, Patrick Delperdange dresse le portrait de son confinement au lendemain de son anniversaire.

Lire un extrait du nouveau roman de Patrick Delperdange

Quel(s) livre(s) avez-vous enfin pris le temps de lire ?

Patrick Delperdange : "J’ai envie de me replonger dans Les Démons de Dostoïevski. C’est un long roman que j’avais déjà lu il y a plusieurs années. Je reconnais que ce n’est pas un bouquin très joyeux ou réjouissant. Je ne sais pas si c’est une bonne période pour me replonger dedans, mais c’est une idée qui me trotte dans la tête depuis un moment. C’est un auteur qui vous emporte."

Avez-vous un conseil de lecture jeunesse ?

P.D. : "Toute l’œuvre d’un auteur mondial important : Robert Louis Stevenson. L’île au trésor, Dr Jekyll et Mr. Hyde, etc. D’ailleurs, ces ouvrages ne sont pas réservés à un jeune public. Si des parents cherchent quelque chose à faire lire à leurs enfants, je pense que L’île au trésor rassemble et touche n’importe quel public de n’importe quel âge. Il s’agit d’une lecture qui garde une force, une puisse. Partir pour une île, chercher des trésors, c’est dépaysant en temps normal et ça l’est encore plus maintenant."

Comment gérez-vous cette période en tant qu’auteur ?

P.D. : "Le problème de l’écriture en elle-même n’a pas beaucoup évolué. Mon travail c’est de m’enfermer tous les matins devant un écran et de m’abstraire de la réalité qui m’entoure. Je continue à le faire en confinement. Par contre, ce qui a changé c’est le bouleversement complet de la chaîne du livre. Mon éditeur est complètement désespéré. Son travail est à l’arrêt et sans aucune perspective à très court terme."

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Patrick Delperdange lors de la cérémonie du prix Rossel en 2005 © Belga Images

Le confinement vous inspire-t-il des histoires, des idées de futurs romans ?

P.D. : "Pas vraiment. Je suis un peu consterné par les quelques textes qu’on peut lire à gauche et à droite d’auteur.e.s confiné.e.s qui ont l’impression que leur vie vaut la peine d’être racontée. Je préfère continuer ce que je faisais avant que le confinement commence. La vie d’un auteur n’est pas franchement trépidante…"

Vous avez publié un nouveau roman juste avant le début de l’épidémie. Comment avez-vous vécu sa publication dans un contexte si particulier ?

P.D. : "C’est ambigu. D’une part les réactions assez nombreuses du public et professionnel.le.s sont très bonnes. La presse en a parlé et continue d’en parler de manière très louangeuse. On se demande un peu à quoi ces articles servent puisque les lecteurs ne peuvent quasiment plus acheter de livres papier. Mais je préfère de loin qu’on en parle plutôt qu’il soit complètement ignoré ! Ce n’est jamais agréable de subir les choses. Mais si on se laisse envahir par ce genre de question, on arrête tout. Je préfère me dire que c’est un mauvais moment à passer."

Quelle sera la première chose que vous ferez en sortant ?

P.D. : "J’irai avec certitude faire un tour dans le centre de Bruxelles où se trouvent les deux choses qui me manquent le plus pour l’instant : les librairies et les terrasses de café."

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