Nos recommandations lecture pour occuper votre confinement

Pour ce 8e chapitre, Sous Couverture vous propose la joyeuse compagnie de Michel Bussi et de Nadine Monfils. Au menu : un Paris méconnaissable, de bons petits plats, les plaisirs simples de la vie et… un escroc coréen. Entre autres !

Michel BUSSI pour N.E.O., tome 1, LA CHUTE DU SOLEIL DE FER, éd. PKJ, 2020

Une saga futuriste et passionnante, pour les jeunes et les moins jeunes

Michel Bussi se lance dans la littérature pour adolescents avec une grande saga annoncée sur au moins 2000 pages : N.E.O. Les 500 du premier volume permettent de se faire un avis et il est pour le moins positif ! Dans un monde futuriste proche du nôtre, tous les humains ont disparu, suite à l’apparition d’un redoutable nuage toxique. Mais comme elles ont survécu quelque temps avant de se laisser emporter, les femmes enceintes ont pu accoucher d’enfants sains, préservés des ravages du nuage…

Le livre commence douze ans plus tard. Dans une ville de Paris largement reconquise par la nature, deux groupes d’enfants de douze ans vivent aux antipodes les uns des autres. Retranchés dans le "Tipi" – la Tour Eiffel -, une tribu d’enfants sauvages survit grâce à la chasse, mais ignore tout de son passé. Tout le contraire des végétariens reclus dans "Le Château" – Le Louvre -, qui entretiennent la connaissance des sciences, du combat et des arts en regardant des vidéos enregistrées par une sorte de grande prêtresse adulte dont on ne sait si elle est toujours vivante… Sur ces ingrédients de récit de survivance, Bussi construit une saga ample et accrocheuse au style limpide. Que même les adultes pourront aimer !

Nadine MONFILS avec LE SOUFFLEUR DE NUAGES, éd. Fleuve, 2020

Le formidable voyage d’un taximan solitaire et d’une vieille dame en quête de son passé…

On connaissait Nadine Monfils reine du polar déjanté. Ses derniers ouvrages nous la dévoilent de plus en plus poétique. Dans Le Souffleur de nuages, elle provoque la rencontre entre un chauffeur de taxi revenu de tout et une petite vieille qui, au crépuscule de sa vie, a décidé de laisser libre cours à ses envies les plus déraisonnables. Drôle, tendre, merveilleusement positif et tout aussi politiquement incorrect, ce duo de personnage lâche sa leçon de choses sans en avoir l’air. Au détour d’un dialogue qui sonne comme une punchline, on se dit : "Bon sang, mais elle a raison !". Un bonbon au goût acidulé qui laisse un goût délicieux sur la langue bien longtemps après avoir fondu…

La « Supercherie » d’Anne-Sophie : MA CUISINE AVEC 4 INGRÉDIENTS 2, de Pascale NAESSENS, éd. Lannoo, 2020

Maigrir n’a jamais été aussi simple !

Après Ma cuisine avec 4 ingrédients, la Belge, Pascale Naessens, passionnée de décoration et céramiste de renommée internationale, remet le couvert avec le tome 2 ! L’auteure y présente plus de 70 nouveaux plats selon sa méthode de réussite connue, à savoir des plats savoureux et inspirants à faible teneur en glucides, y approfondissant ainsi ce que l’on appelle le régime cétogène, une forme de diète à très basse teneur en glucides, compensée par un renfort de lipides, une alimentation traditionnelle chez les Inuits, les Massaïs et quelques tribus amérindiennes. Dans Ma cuisine avec 4 ingrédients, opus 2, le nombre d’ingrédients rime, une fois encore, avec quatre points forts : des plats savoureux et sains, des recettes classées en fonction du temps de préparation (10, 15, 20 et 25 minutes), des plats à part entière avec seulement… quatre ingrédients et, enfin, une aide à ceux et celles qui, en surpoids, perdront sans aucun doute quelques kilos.

La chronique de Lucile POULAIN : ROSA DOLOROSA, de Caroline DORKA-FENECH, Éditions de la Martinière, 2020

Jusqu’où l’amour maternel peut-il conduire ?

Rosa Dolorosa est le premier roman de Caroline Dorka-Fenech, diplômée de lettres modernes et de l’Atelier scénario de la Fémis – Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son, à Paris ; elle a travaillé comme lectrice de scénarios, script doctor et enseignante… Rosa Dolorosa… Dans les rues serpentines du Vieux-Nice, Rosa déambule au bras de son fils, Lino. Ensemble ils rêvent de posséder un hôtel dans lequel un immense aquarium accueillerait des méduses. À peine dix-neuf ans d’écart, ils forment un duo inséparable. Jusqu’au jour où Lino est arrêté et emprisonné pour le meurtre d’un enfant. Pour Rosa, l’innocence de son fils est incontestable. Dans un ballet d’images charnelles, poétiques, la mater dolorosa se lance dans une quête sublime et dévorante… Un premier roman puissant, envoûtant, sublime, hypnotique, percutant, fort, surprenant… médusant !

La chronique de Michel DUFRANNE : CARNETS D’ENQUÊTE D’UN BEAU GOSSE NÉCROMANT, de Jung JAEHAN, éd. Matin Calme, 2020

Plongée au cœur du polar coréen

Bienvenue au cabinet secret de Nam Hanjun, alias Beau Gosse, pseudo-chaman et authentique escroc. Avec ses deux complices, Hyejun, sa petite sœur, informaticienne surdouée, hackeuse de génie qui a travaillé pour le FBI et Sucheol, dit Mammouth, détective privé, ils offrent à leur riche clientèle des "divinations" sur mesure qui font leur succès. Un soir, une cliente les appelle après avoir cru apercevoir un fantôme dans sa cuisine. Quand ils arrivent leur présence attire l’attention d’un voisin qui prévient la police. Une jeune inspectrice se rend sur place, Ye-eun, experte en arts martiaux, que ses collègues surnomment justement "le fantôme" tant elle est rapide et discrète.

Dans la cave de la maison, elle découvre le cadavre d’une adolescente recherchée depuis un mois… Carnets d’enquête d’un beau gosse nécromant vise au cœur des pires scandales de la société coréenne. Il s’inspire en particulier de l’affaire Park Geun-Hye. Cette ancienne présidente de la république de Corée, destituée en 2017, actuellement en prison, a dirigé le pays sous l’influence toxique d’une chamane. Cette dernière servait ses propres intérêts et ceux de divers grands groupes industriels. Ce roman à l’histoire complexe est une étonnante façon de découvrir le polar coréen. Sa lecture claire et dynamique donne l’impression que le récit a été taillé pour le cinéma, avec un côté BD…

La chronique de Gorian DELPÂTURE : UNE PHILOSOPHIE DE LA SOLITUDE, de John Cowper POWYS, éd Allia, 2020

Écoutons ces eaux sombres, ces golfes de lumière, et notons ce que nous éprouvons

Né au Royaume-Uni en 1872, John Cowper Powys fut romancier, nouvelliste, poète et conférencier ; il connut aussi la renommée pour son importante œuvre philosophique. Powys est un électron libre, un insatiable lecteur et un érudit fervent. Cependant il emploie ses savoirs davantage pour critiquer que pour rendre hommage. Car le monde est en crise et le soi aux abois, guetté par l’amertume. Dès lors comment trouver des solutions crédibles de bonheur ? Dans Une philosophie de la solitude, paru en anglais en 1933, le philosophe prend sa plume en guise de plumeau pour dépoussiérer les vieilles doctrines. Il développe une pensée sur le fil du rasoir, résolument stimulante et profondément singulière, se proposant de “retourner aux sensations fondamentales de la conscience planétaire”. Philosophe virtuose s’il en est, Powys fait dialoguer stoïciens et présocratiques avec les pensées de Rousseau et Lao-Tseu. Ainsi seulement il est possible de renouer avec “cette grande et secrète sagesse qui coule comme une eau pure et souterraine”. Ne demeure en fin de compte que sa voix propre, car c’est seulement dans la solitude que l’auteur perçoit une voie d’émancipation.

La chronique de Marie VANCUTSEM : LA VAGUE, de Todd STRASSER, éd Pocket, 2009

Quand une expérience devient une dangereuse réalité…

En 1969, dans un lycée californien, un professeur d’histoire, Ben Ross, diffuse à ses élèves un documentaire sur les camps nazis. À l’issue de la vision, les élèves marquent leur incompréhension : comment les Allemands ont-ils pu laisser faire cela ? Ben Cross va, sans le dire à ses élèves, créer un mouvement expérimental, "La Vague", au slogan fort : "La Force par la Discipline, la Force par la Communauté, la Force par l’Action".

En l’espace de quelques jours, l’atmosphère du paisible lycée se transforme en microcosme totalitaire : avec une docilité effrayante, les élèves abandonnent leur libre arbitre pour répondre aux ordres de leur nouveau leader. Quel choc pourra être assez violent pour réveiller leurs consciences et mettre fin à la démonstration ? L’histoire est basée sur des faits réels s’étant déroulés voici une cinquantaine d’années aux Etats-Unis (sur une semaine !). L’édition originale de The Wave, "La Vague", remonte à 1981 ; en Europe, l’ouvrage est devenu un best-seller vendu à 1,5 million d’exemplaires, aujourd’hui intégré à la liste des manuels scolaires des écoles allemandes.

La chronique surprise : Charlotte DEKOKER, pour L’ANOMALIE, d’Hervé LE TELLIER, éd Gallimard, 2020

Destinées aux frontières du réel

"Il est une chose admirable qui surpasse toujours la connaissance, l’intelligence, et même le génie, c’est l’incompréhension". En juin 2021, un événement insensé bouleverse les vies de centaines d’hommes et de femmes, tous passagers d’un vol Paris-New York. Parmi eux : Blake, père de famille respectable et néanmoins tueur à gages ; Slimboy, pop star nigériane, las de vivre dans le mensonge ; Joanna, redoutable avocate rattrapée par ses failles ; ou encore Victor Miesel, écrivain confidentiel soudain devenu culte.

Tous croyaient avoir une vie secrète. Nul n’imaginait à quel point c’était vrai. L’Anomalie est un roman virtuose où la logique rencontre le magique, où l’on explore cette part de nous-mêmes qui nous échappe : la parfaite alchimie entre les séries américaines d’anticipation, le thriller, le roman psychologique français et l’humour, à ne rater sous aucun prétexte !

Et une interview exclusive à retrouver prochainement sur notre page Facebook !

Le coup de cœur d’Etienne PIRET, Librairie de la Reine à Binche : ERIKA SATTLER, d’Hervé BEL, éd Stock, 2020

La "banalité du Mal" dans sa glaçante vérité

Erika a 16 ans. Elle va se trouver fascinée par un homme avec une petite moustache et un uniforme terne dont la voix douce va enfler. Une voix qui éveille en Erika, des émotions musicales et toutes sortes de sentiments, colère, exaltation, tristesse, et joie, une joie indescriptible. On croyait Hitler et on voyait presque ce qu’il annonçait. Cet homme était habité, porteur d’un message extraordinaire. Les gens l’écoutaient bouche bée, les émotions de chacun excitant celles de l’autre.

Erika avait seize ans. Elle était rentrée chez elle transformée. Elle serait "national-socialiste". Janvier 1945. Les Russes approchent de la Pologne. Sur les routes enneigées, Erika Sattler fuit avec des millions d’autres Allemands. La menace est terrible, la violence omniprésente. Pourtant, malgré la débâcle, Erika y croit encore : l’Allemagne nazie triomphera. Dans ce livre puissant, dérangeant et singulier, Hervé Bel brosse le portrait d’une femme qui se rêve en parfaite ménagère national-socialiste.

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