Les 9 titres à ne pas rater cette semaine !

Négar Djavadi et Mathilde Alet étaient aux côtés d’Anne-Sophie et de Thierry pour ce cinquième chapitre de l’émission. Au programme : de la mythologie, des explosions et un illustre commissaire… Entre autres !

« Arène », de Négar Djavadi, éd. Liana Levi, 2020

Personne ne sortira indemne de l’Arène… Fichu effet papillon !

Dans un roman choral ramassé sur quelques heures, Négar Djavadi, Prix Première 2017 pour Désorientale, brasse de manière virtuose tous les thèmes actuels qui secouent les grandes villes. En partant d’un quartier de Paris à cheval sur plusieurs arrondissements et connu pour ses brassages de population autant que pour sa proximité avec les banlieues, la romancière raconte comment un fait apparemment aussi insignifiant qu’un téléphone disparu peut être la mèche allumant une poudrière. Tout y passe : bavures policières, tyrannie des réseaux sociaux, opportunisme politique, critique du système médiatique, portrait des nouveaux dieux à la tête des plateformes de fiction mondiales, déterminisme social… Chacun descend dans L’Arène et y joue son rôle. Lucide, cruel, mais jamais manichéen. Un tour de force !

« Sexy summer », de Mathilde Alet, éd. Flammarion, 2020

Il est bien difficile de grandir…

Juliette Van Loot a 14 ans. Elle souffre de la "maladie des ondes". À Bruxelles, près de son école, on a posé une antenne qui lui ravage le cerveau ! Pas d’autre solution que de déménager vers une "zone blanche", ce sera à Varqueville, un petit village perdu dans la campagne. Elle y rencontre Tom, le fils du garagiste… Quelle différence avec ses amis de la ville ! Pas vraiment un portrait de mode, pourtant, Tom a quelque chose que Juliette n’a jamais vu : il a les plus beaux yeux qui soient, bleu piscine… Mais dans les campagnes, autant que l’humanité, la violence couve. L’étrangeté des campagnes belges forme le décor de ce roman âpre, l’histoire d’une jeune fille dont les rêves enfantins se heurtent à la difficulté de grandir.

La « Supercherie » d’Anne-Sophie : « Landru, l’élégance assassine », de Bruno Fuligni, éd. du Rocher, 2020

Landru, un monsieur si bien…

Auteur de trente livres concernant l’histoire politique et policière de la France, Bruno Fuligni est, à sa façon… un "auteur" en série ! Pour évoquer ce macabre Don Juan qui reçut 4000 lettres d’admiratrices et dont la tête momifiée est exposée au Musée de la Mort à Hollywood, Bruno Fuligni a fouillé les archives. Landru, l’élégance assassine devrait captiver de nombreux lecteurs, tant l’individu a été érigé au rang de mythe, recevant bien des surnoms : "Le sire de Gambais", petit village où il attirait ses proies, "Le Barbe-Bleue de Seine-et-Oise"… Accusé de la disparition de onze femmes, son procès attirera le Tout-Paris et de nombreux étrangers avant de le conduire à la guillotine, le 25 février 1922. Il faut dire qu’Henri Landru avait le sens de l’humour et de la répartie : lorsqu’avant son exécution, on lui présenta un verre de rhum et une cigarette, il les refusera en disant "Ce n’est pas bon pour la santé".

Le choix de Marie Vancutsem : « Mon désir le plus ardent », de Pete Fromm, éd. Gallmeister, 2019

Une inoubliable histoire d’amour

Maddy s’était juré de ne jamais sortir avec un garçon du même âge qu’elle, encore moins avec un guide de rivière. Mais voilà, Dalt est parfait. À vingt ans, Maddy et Dalt s’embarquent dans une histoire d’amour qui durera toute leur vie. Mariés, devenus tous deux guides de pêche, ils vivent leur passion à cent à l’heure et fondent leur entreprise de rafting dans l’Oregon. Mais lorsque Maddy, frappée de vertiges, apprend qu’elle est enceinte et se voit en même temps diagnostiquer une sclérose en plaques, le couple se rend compte que l’aventure ne fait que commencer. Mon désir le plus ardent, c’est le portrait d’un couple ancré dans le temps présent qui affronte avec courage et humour les épreuves de la vie. Drôle, romantique, émouvant, un plongeon dans une parfaite réalité. Pete Fromm démontre qu’il connaît le cœur des femmes.

Le choix de Michel Dufranne : « Les dynamiteurs », de Benjamin Whitmer, éd. Gallmeister, 2020

La fin brutale de l’enfance dynamitée par la corruption du monde des adultes

1895. Le vice règne en maître à Denver, une ville minée par la pauvreté et la violence. Sam et Cora, deux jeunes orphelins, s’occupent d’une bande d’enfants abandonnés et défendent farouchement leur "foyer" – une usine désaffectée – face aux clochards des alentours. Lors d’une de leurs attaques, un colosse défiguré apporte une aide inespérée aux enfants, au prix de graves blessures que Cora soigne de son mieux. Muet, l’homme-monstre ne communique que par des mots griffonnés sur un carnet. Sam, le seul qui sache lire, se rapproche de lui et se trouve ainsi embarqué dans le monde licencieux des bas-fonds. Expéditions punitives, lynchages et explosions précipitent l’adolescent dans l’univers honni des adultes, qui le fascine et le repousse à la fois. Au point de modifier sa nature profonde, et de l’éloigner insidieusement de Cora. Un roman délicieusement noir et intense.

Le choix de Lucile Poulain : « La beauté sûre de nos vies », de Vincent Rahir, éd. Academia, 2020

Petits secrets d’une vie ordinaire

Après le décès inopiné de Christine, la vie d’Antoine s’effondre. Veuf, désemparé, hanté par ses propres fantômes, il perd pied. Petit à petit, le besoin de comprendre l’obsède. Quels secrets cache la jolie maison des parents de Christine ? Quel rôle joue Nora ? Et qui était réellement Christine ? Jusqu’où ira Antoine pour le découvrir ? Dans ce premier roman, le passionné d’écriture, poète, nouvelliste et scénariste qu’est Vincent Rahir s’exprime par une écriture sensible, proche du langage cinématographique. Il parvient à donner l’impression que l’univers qu’il décrit a quelque chose de connu pour le lecteur.

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Le choix de Gorian Delpâture : « Les mémoires de Zeus », de Maurice Druon, éd. Bragelonne, 2020

Un passionnant et distrayant portrait de la mythologie grecque

L’auteur de la saga des Rois maudits et des paroles du Chant des Partisans s’est complu, pour le plus grand plaisir des lecteurs, à se plonger dans le roman historique. Après la publication, en 1958, d’Alexandre le Grand, le roman d’un dieu, c’est en 1963 et 1967 que sont édités les deux tomes des Mémoires de Zeus : " À ceux qui pensent que vivre pour un dieu est aisé, je dis "Détrompez-vous". Aux mortels qui croient que notre vie n’est que volupté et délices, je dis : "Apprenez de votre erreur"… Moi, Zeus, roi des dieux, dieu des rois, je vais vous conter mon histoire…" Les Mémoires de Zeus, un ouvrage qui s’ouvre à la redécouverte des autres divinités hellénistiques que sont Héra, Hermès, Aphrodite, Hécate… dans un déluge de détails.

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La proposition de Raoul Reyers : « San Antonio », de Frédéric Dard

Désinvolture, argot, truculence et humour : la recette des San Antonio

Les aventures du commissaire San Antonio… et souvent de son adjoint, Bérurier. Une part de l’œuvre de Frédéric Dard : 175 romans en un demi-siècle. "Si un jour votre grand-mère vous demande le nom du type le plus malin de la Terre, dites-lui sans hésiter une paire de minutes que le gars en question s’appelle San-Antonio", telle est la première phrase du premier roman de la série, paru en 1949, donnant exactement le ton de tous ceux qui suivront ! A travers les titres de la série, c’est une véritable faune de personnages hauts en couleur – Félicie, Berthe Bérurier, César Pinaud, Monsieur Félix… – au langage souvent bien éloigné de l’Académie Française qui vit des aventures faisant partie du roman noir, mais sans l’aspect sinistre du genre ! On jugera de l’humour des aventures de San Antonio dans la dénomination des lieux où ils se déroulent : Graduronz, capitale du Rondubraz, Obsénité-Atouva, capitale des Malotrus, Vazymou-le-Grand, dans les Yvelines… Une série à (re)découvrir pour oublier l’ambiance morose actuelle !

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Le coup de cœur d’Eric Haegelsteen, librairie Candide à Bruxelles : « Histoire du fils », de Marie-Hélène Lafon, éd. Buchet-Chastel, 2020

Toute la puissance d’une histoire simple.

Le fils, c’est André. La mère, c’est Gabrielle. Le père est inconnu. André est élevé par Hélène, la sœur de Gabrielle, et son mari. Il grandit au milieu de ses cousines. Chaque été, il retrouve Gabrielle qui vient passer ses vacances en famille. Du Lot au Cantal, en passant par Paris, Histoire du fils sonde le cœur d’une famille, ses bonheurs ordinaires et ses vertiges les plus profonds, ceux qui creusent des galeries dans les vies, sous les silences. Avec ce nouveau texte, l’auteure confirme la place si particulière qu’elle occupe aujourd’hui dans le paysage de la littérature française. Toujours aussi puissante, son écriture reste limpide et fluide.

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