Leïla Slimani : "Il faut constamment avoir de l'espoir, sinon les autres ont gagné"

Leïla Slimani, hôte d'honneur de cette Foire du Livre.
Leïla Slimani, hôte d'honneur de cette Foire du Livre. - © Odile Vanhellemont

Elle est l’une des porte-parole du mouvement féminisme contemporain. Leïla Slimani s’attelle à défendre leurs droits que ce soit dans ses tribunes cinglantes ou dans ses romans. Depuis qu’elle a gagné le prix Goncourt en 2016 avec Chanson douce, l’écriture de l’auteure franco marocaine semble avoir pris une autre tournure. Plus engagée encore contre la domination masculine, le patriarcat et les inégalités de genres. Sa venue était attendue sur cette Foire du Livre qui se clôture lentement. Elle y présente Le pays des autres, premier volet de sa trilogie familiale qui se déroule entre Maroc et France. Un peu comme son histoire à elle finalement…

Vous militez pour les droits des femmes que ce soit en France, au Maroc ou à l’international, Depuis le début de ce nouvel acte de la révolution féministe, quels progrès constatez-vous ?

Leïla Slimani : "Le progrès le plus important c’est cette forme de solidarité qu’il y a désormais entre les femmes. J’ai le sentiment qu’on a pris conscience qu’on faisait toutes une expérience commune, qu’on traversait les mêmes épreuves du simple fait d’être nées femmes. Cette sororité entre elles m’apparaît comme une très belle nouveauté."

Entre la dernière cérémonie des Césars et les violences policières survenues lors de la manifestation féministe du 7 mars à Paris, comment fait-on pour avoir encore de l’espoir ?

"Il faut constamment avoir de l’espoir. On ne peut pas se battre sans, sinon cela voudrait dire que les autres ont déjà gagné. L’espoir est un devoir politique."

Le roman que vous présentez aujourd’hui aborde un sujet différent que celui de vos deux précédents romans, quels points communs entre vos œuvres pointés vous du doigt ?

"Je ne crois pas qu’ils soient si différents que ça. Ce sont des livres dont il est question du corps, de la domination de celui-ci, de l’intime, du couple et de la famille. Au fond, il y a beaucoup de sujets qui se recoupent avec mes autres romans. Le premier volet de cette trilogie raconte l’histoire d’un couple qui s’est rencontré au sortir de la seconde guerre mondiale. Mathilde est alsacienne et Amin, marocain. Ils reviennent tous les deux s’installer au Maroc pour exploiter une ferme."

Est-ce plus stressant de se lancer dans une trilogie ?

"Tout est stressant quand on écrit. Mais, d’une certaine façon, une trilogie l’est moins car on va suivre des personnages sur toute une vie. On n’a pas cette tristesse de devoir les abandonner. Il y a un côté agréable."

Newsletter TV

Recevez chaque jeudi toute l'actualité de vos personnalités et émissions préférées.

OK